Recherches archéologiques à Sceaux-du-Gâtinais (Loiret)

Plan général de la fouille et des résultats des prospections géoradar. © E. Roux
Plan général de la fouille et des résultats des prospections géoradar. © E. Roux-Capron, F. Xavier-Simon, Inrap
Les archéologues de l’Inrap fouillent les quartiers d’habitation de l’antique Aquae Segetae, en bordure du sanctuaire des eaux et du théâtre associé. Le chantier ouvre exceptionnellement ses portes au public à l’occasion des Journées européennes de l’archéologie.

à Sceaux-du-Gâtinais, préalablement à la construction du futur Musée Segeta, par la Communauté de Communes des 4 vallées, une équipe conjointe du Département du Loiret et de l’Inrap explorent une partie de l’agglomération antique se situant autour du sanctuaire d’Aquae Segetae, le sanctuaire des eaux dédié à la déesse Segeta. C’est l’une des cinquante-deux villes d’eau de l’Empire romain, qui figure sur la Table de Peutinger (ancienne carte du XIIe, fac-simile d’un document antique). Les investigations confirment certaines hypothèses de l’étude géoradar effectuée en amont des fouilles et ont confirmé la présence de plusieurs éléments liés au sanctuaire, l’édifice de spectacle, au moins deux temples successifs et le péribole de l’espace sacré, ainsi que des îlots d’habitats organisés selon des rues régulières et perpendiculaires. Les études à venir permettront de connaître plus précisément les activités des habitants : artisanat des métaux, commerces alimentaires...

Un carrefour en limite de l’agglomération antique

Deux voies principales de l’agglomération traversent la zone de fouille. Elles ont été utilisées durant plusieurs siècles. Le cardo, la voie nord-sud, traverse la ville de part en part. Il est bordé par un portique, ou trottoir discontinu, plusieurs fois réaménagé. Le decumanus, la voie est-ouest, pourrait desservir la partie nord du sanctuaire. Sa bande de roulement, initialement constituée de remblai et cailloutis calcaire, a été maintes fois exhaussée au cours du temps.

Les maisons de la ville antique

En partie construites avec des maçonneries de pierres, les maisons retrouvées sur le côté est du cardo sont réaménagées à plusieurs reprises, entre la fin du I siècle et le IIIe s. Les murs sont parfois décorés d’enduits uniformes ou peints de motifs végétaux ou géométriques à bandes rouges. Les premières observations révèlent des traces d’incendie dans le quartier, probablement au cours du IIe siècle. Le feu a favorisé la conservation des murs de torchis, qui témoignent d’une mixité des modes de construction pour le bâti de l’antique Aquae Segetae.

Les caves

Une ou plusieurs caves ont été retrouvées dans chaque habitation, de tailles et de modes de construction différents, l’accès se fait par un escalier en pierre, placé sur un côté ou sur un angle. Des soupiraux y favorisent l’éclairage et l’aération et certaines niches sont décorées d’arc en pierre et briques. Ces caves servent au stockage de denrées alimentaires, d’objets personnels de valeur comme en témoigne leur fermeture par une porte en partie basse. La plupart ont été nettoyées avant leur abandon, il ne reste donc souvent rien des objets qu’elles abritaient. Toutefois, des amphores brûlées ont été retrouvées dans l’une des caves, brutalement détruite par un incendie, confirmant leur fonction de stockage.

à l’occasion des journées européennes de l’archéologie, le site sera ouvert au public les 17 et 18 juin. Le vendredi 16 juin sera réservé à l’accueil des scolaires.

Aménagement : Communauté de Communes des 4 Vallées et Segeta : musée et sites

archéologique.

Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac Centre-Val de Loire)

Recherche archéologique : Conseil départemental du Loiret (CD 45) et Inrap

Responsable de recherches archéologiques (RRA) : Jérôme SPIESSER (CD 45)

Responsable de secteur, adjointe au RRA : Emilie Roux-Capron (Inrap)