Doctorat Art Préhistorique Zimbabwe (H/F)

     
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Lieu de travailToulouse, Midi-Pyrénées, France
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  • Doctorat Art Préhistorique Zimbabwe (H/F)

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    Informations générales

    Référence : UMR5608-NICVAL0-001
    Lieu de travail : TOULOUSE
    Date de publication : mercredi 12 juin 2019
    Nom du responsable scientifique : Mme Camille BOURDIER
    Type de contrat : CDD Doctorant/Contrat doctoral
    Durée du contrat : 36 mois
    Date de début de la thèse : 2 septembre 2019
    Quotité de travail : Temps complet
    Rémunération : 2 135,00 € brut mensuel

    Description du sujet de thèse

    Domaine : archéologie préhistorique, art rupestre, Zimbabwe, géomorphologie, SIG - Ce sujet de thèse vise à renseigner le rôle de l’art rupestre dans la structuration territoriale des sociétés de chasseurs-collecteurs du Later Stone Age d’Afrique australe, et des dynamiques qui l’ont affectée sur le temps long. Il s’agit de caractériser les modalités d’occupation de l’espace par ces groupes de la fin du Pléistocène à l’Holocène récent (13,000-2,000 ans), et d’identifier les éléments de stabilité et les processus et facteurs de changements. Ce doctorat abordera à travers le prisme innovant de l’art rupestre ces questions traditionnellement traitées sous l’angle économique. Il comprend deux principaux axes scientifiques : (1) un axe interdisciplinaire interrogeant les interactions des hommes avec leur environnement (paysages, conditions climatiques) ; (2) un axe thématique sur la production graphique rupestre et les fonctions des sites ornés.

    Ce projet s’adosse au programme MEAE MATOBART (Bourdier coord.) portant sur le massif des Matobo au Zimbabwe, classé à l’UNESCO pour ses peintures rupestres qui seraient les plus anciennes du continent africain, et pourtant peu étudié. Ce programme considère la variabilité stylistique de l’art rupestre entre fin Pléistocène et Holocène récent. Il explore les facteurs (climatiques, environnementaux, techno-économiques, sociaux) de ces dynamiques de rupture ou de résilience, afin de préciser le rôle social de l’art rupestre : est-il un élément de stabilité ou participe-t-il aux stratégies d’adaptation des groupes à de nouveaux environnements - Fondé sur une approche systémique interdisciplinaire, MATOBART repose sur la reprise croisée des peintures et des séquences archéologiques et paléo-climatiques de deux gisements clés (Pomongwe, Bambata) à partir desquels construire une séquence chrono-stylistique de référence pour l’Afrique australe.

    Ce projet de thèse s’inscrit dans sa complémentarité en considérant l’échelle régionale du massif des Matobo. Il possède un fort enjeu conceptuel : focalisé sur une approche spatiale et interdisciplinaire confrontant art rupestre et conditions environnementales, il livrera une vision anthropologique plus dynamique sur la production et l’utilisation des images au sein des sociétés de chasseurs-collecteurs. Innovant dans ses problématiques et dans sa méthodologie, il participera à combler le déficit de documentation de cette région-clé de l’art rupestre mondial dû à l’isolement du Zimbabwe.

    Problématiques Cette recherche doctorale se fonde sur une approche spatiale dans la diachronie des 900 sites d’art rupestre rapportés aux chasseurs-collecteurs dans les Matobo, selon l’inventaire de N. Walker. En analysant les choix opérés dans les sites peints (caractéristiques physiques et localisation) et leur répartition au sein des paysages, elle va ainsi permettre de préciser :

    -(1) les fonctions socio-culturelles des sites ornés et les usages sociaux des images (rituel, identitaire, pédagogique etc.), en renseignant la réception des peintures (nombre et composition des observateurs). Du fait de l’abondante documentation ethnographique sur les populations San, les recherches sur l’art rupestre d’Afrique australe se sont jusqu’alors focalisées sur les aspects interprétatifs (symbolique véhiculée). Or la variabilité iconographique et topographique des sites laissent envisager une grande diversité fonctionnelle.

    -(2) la structuration territoriale de ces populations, sous l’angle symbolique/spirituel et non strictement économique. En effet, la distribution des sites ornés et leurs relations potentielles est un aspect des stratégies de mobilité et d’occupation des espaces, jusqu’ici peu examiné. Cette recherche interrogera le modèle d’organisation socio-économique et de structuration territoriale proposé par N. Walker à partir du mobilier archéologique et offrira dès lors une vision multi-proxi de la géographie sociale de ces groupes.

    -(3) les dynamiques territoriales dans la diachronie. Grâce aux données issues de MATOBART, sera particulièrement interrogé l’impact des conditions climatiques et environnementales sur la production graphique (localisation, intensité, thèmes), notamment à la fin du Pléistocène et lors de l’Aride mi-Holocène.

    Objectifs et méthodologie
    Les objectifs de ce projet doctoral sont ainsi de :
    -(1) produire une base de données digitale des sites ornés, enrichie de l’inventaire Walker ;
    -(2) pour chaque phase stylistique, (2a) caractériser les critères physiques (topographie, géomorphologie) d’élection des sites ornés, (2b) modéliser des réseaux de sites ornés (système de sites et itinéraires entre eux), et (2c) étudier la variabilité des sites et en inférer des fonctions ;
    -(3) sur le temps long, entre les différentes phases stylistiques, (3a) analyser la variabilité chronologique des critères physiques et en inférer permanences/changements fonctionnels des sites ornés, (3b) modéliser les réseaux de sites successifs et déterminer permanences/changements ;
    -(4) confronter ces résultats aux conditions climatiques et tester les possibles corrélations.

    La grille d’analyse des caractéristiques physiques (topographie, aspect des parois) et de localisation des sites ornés (altitude, proximité des cours d’eau, accessibilité, vue depuis le site, visibilité du site, éléments remarquables du paysage) se fondera sur des travaux conduits sur l’art rupestre Holocène, et associera le géomorphologue de MATOBART. Ces analyses feront largement intervenir les outils S.I.G. (calcul de pente, champ de vision, ligne de visée, cartes de densité de sites et de motifs dans les sites, modélisation des réseaux et des least path cost analysis). La synchronie entre sites demeurera toutefois une hypothèse de travail, étayée par les graphismes (thème, conventions formelles, technique) et les éléments de chrono-stylistique fournis par MATOBART. Seront éventuellement réalisées des datations radiocarbone sur peintures noires, en complément de celles obtenues dans le cadre de MATOBART.

    Contexte de travail

    Le doctorat se déroulera à l’Université Toulouse Jean Jaurès, au sein de l’Ecole Doctorale TESC, et sera adossé à l’UMR 5608 TRACES. Il sera co-encadré par Camille Bourdier - Maîtresse de Conférences en arts préhistoriques, responsable du projet MATOBART au Zimbabwe - et François Bon - Professeur de Préhistoire. Avec plus de 100 permanents et un équipement de pointe, l’UMR 5608 TRACES se positionne comme l’un des plus importants centres français et européens de recherche et de formation en archéologie. Parmi d’autres thématiques, l’étude de l’Art préhistorique - des sociétés paléolithiques et néolithiques, en Europe, en Afrique et en Amérique latine - y occupe une place très importante. Premier pôle de recherche sur ce domaine à l’échelle nationale, TRACES regroupe des compétences scientifiques et techniques - une partie de la plateforme ArchéoSciences et des équipements qui la composent lui est d’ailleurs spécifiquement dédiée - reconnues et enviées en France comme à l’international. TRACES est également devenu un pôle de référence sur l’archéologie de l’Afrique ancienne, réunissant une trentaine de chercheurs et de doctorants travaillant depuis la Préhistoire jusqu’aux périodes historiques de ce continent. Parmi les régions et les thèmes concernés, l’Afrique australe et ses peuplements au cours des derniers milliers d’années constituent un domaine de prédilection, dont ce projet de recherches doctoral est l’expression et le prolongement. Développé depuis une dizaine d’années, ce thème a d’ores et déjà permis la mise en œuvre de collaborations actives entre TRACES et l’IFAS, que cela soit sous la forme de missions (« Archives Khoïsan », « projet MATOBART »), de formations universitaires (« Lithic workshop » par exemple) ou de rencontres scientifiques (à l’image des dernières sessions de la SAFA tenues à Johannesbourg en 2014 puis à Toulouse en 2016, auxquelles ces unités ont amplement contribuées ; Symposium for the 20 years of Franco-South African cooperation in Archaeology en 2015 ; exposition Wonders of rock art : Lascaux and Africa à Johannesbourg en 2018).

    Le/la doctorant-e sera amené-e à répartir son temps de recherche entre l’UMR 5608 TRACES à Toulouse et l’USR 3336 IFAS à Johannesburg.Ce sujet s’intègre en effet au sein de l’axe 1 « Archéologie, paléoanthropologie et préhistoire » de l’IFAS-Recherche, en résonnance avec l’axe 2 qui inclut un volet sur le patrimoine. Depuis 2013, l’étude des sociétés anciennes d’Afrique australe prend une place croissante au sein des activités et des projets soutenus par l’UMIFRE, portée par des équipes particulièrement dynamiques et très investies dans la coopération bilatérale et la formation des étudiants, qu’ils soient issus d’institutions françaises ou d’Afrique australe. C’est particulièrement le cas du projet MATOBART, soutenu par la commission des fouilles du MEAE, qui fut en grande partie initié depuis l’IFAS-Recherche et que ce dernier soutient et valorise depuis ses débuts en 2017. Il s’inscrit dans une stratégie scientifique visant à développer les études autour de l’art rupestre, en complément des travaux sur les origines de l’homme ou l’archéologie de l’âge de pierre (matériel lithique, des paléoenvironnements Pléistocène et Holocène), comme en témoignent son partenariat ancien et notablement renforcé ses dernières années avec le Rock Art Research Institute (co-organisation en 2018 de l’exposition Wonders of rock art : Lascaux and Africa à Johannesbourg). L’UMR TRACES est par ailleurs l’un des principaux partenaires de l’UMIFRE et, de loin, le premier en archéologie. Enfin, l’ouverture vers le Zimbabwe s’inscrit pleinement dans la stratégie de l’IFAS-Recherche visant à développer son action dans le cadre de son mandat régional et particulièrement dans les pays voisins de l’Afrique du Sud - toujours en partenariat avec des universités et les représentations diplomatiques françaises locales. Dans cette optique, le projet MATOBART est un cas d’école, mêlant partenariat avec la University of Zimbabwe, formation d’étudiants français et zimbabwéens et soutien de l’ambassade de France. Nul doute qu’un contrat doctoral contribuera très efficacement aux différents volets de cette stratégie.

    Cette recherche alternera entre travaux de laboratoire en France, et séjours en Afrique australe pour le dépouillement des archives Walker au Zimbabwe Museum of Human Sciences à Harare (Zimbabwe) et au Rock Art Research Institute à Johannesbourg (Afrique du Sud), et des missions dans les Matobo. MATOBART lui offre tout le cadre scientifique, institutionnel, administratif et logistique nécessaire à sa bonne réalisation.

    Contraintes et risques

    Tout ressortissant étranger pénétrant au Zimbabwe doit être en possession d’un passeport à jour, d’une validité d’au moins 6 mois à la date d’entrée dans le pays. Un certain nombre de vaccins sont obligatoires dans cette région du monde : Diphtérie-Tétanos-Polio, Fièvre Jaune, Fièvre Typhoïde, Hépatite A, Hépatite B. Avant tout séjour, il est impératif de souscrire un contrat d’assistance ou une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux (opération chirurgicale, hospitalisation ou rapatriement).Le Zimbabwe connaît des conditions économiques difficiles mais il demeure très sûr. Néanmoins, les missions de terrain se déroulent dans des espaces reculés, dans des conditions de logement et de vie simples et sans confort, avec accès très limité aux réseaux téléphonique et internet. Une bonne condition physique est donc nécessaire, tout comme l’absence de fortes contraintes alimentaires.

    Informations complémentaires

    Certaines compétences sont requises :
    -Master en Archéologie, spécialité art rupestre ;
    -maîtrise des contextes de la Préhistoire récente africaine et des arts rupestres des chasseurs-collecteurs d’Afrique australe ;
    -maîtrise de l’enregistrement photographique et des traitements colorimétriques associés, de l’enregistrement photogrammétrique et des SIG appliqués à l’archéologie
    -très bonne maîtrise de la langue anglaise (lu, écrit, parlé)
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