Découverte du plus ancien dessin au crayon

Morceau d'ocre gravé d’un motif abstrait © D’Errico/Henshilwood

Morceau d'ocre gravé d’un motif abstrait © D’Errico/Henshilwood/Nature

Le plus ancien exemple de dessin abstrait, exécuté à l’ocre, a été découvert sur un fragment de roche siliceuse dans des couches archéologiques datées de 73 000 ans avant le présent, dans la grotte de Blombos en Afrique du Sud. Cette découverte est publiée dans la revue Nature par une équipe internationale impliquant des chercheurs du laboratoire Pacea (CNRS/université de Bordeaux/Ministère de la Culture) et du laboratoire Traces (CNRS/Université Toulouse - Jean Jaurès/Ministère de la Culture).

Qu’est-ce qu’un symbole  - Voici une question difficile quand il s’agit d’analyser les premiers « graphismes » . Ce que nous percevons aujourd’hui comme de véritables représentations peut en réalité avoir été produit sans but précis, comme de simples « gribouillages ». Pendant longtemps, les archéologues étaient convaincus que les premiers symboles étaient apparus lorsqu’ Homo sapiens colonisa les territoires européens, il y a environ 40 000 ans.
De récentes découvertes archéologiques en Afrique, en Europe et en Asie montreraient cependant une émergence beaucoup plus précoce de la production et de l’utilisation de symboles , comme par exemple la plus ancienne gravure connue, un zig-zag incisé sur une moule d’eau douce retrouvée à Trinil (Java) dans des couches archéologiques datant de 540 000 ans ou la découverte d’objets de parure dans plusieurs sites archéologiques africains datés entre 120 000 et 70 000 ans avant le présent.

Dans ce nouvel article, les chercheurs décrivent le plus ancien exemple connu de dessin abstrait réalisé avec un crayon d’ocre . Ce dessin a été identifié sur la surface d’un petit morceau de roche siliceuse, appelée silcrète, lors de l’analyse d’outils en pierre recueillis lors de la fouille de la grotte de Blombos (Afrique du Sud) . L’objet en question provient d’une couche archéologique datant d’il y a 73 000 ans et il porte sur l’une de ses faces un motif composé de neuf fines lignes entrecroisées.

Trois chercheurs du laboratoire Pacea (de la Préhistoire à l’actuel : culture, environnement et anthropologie, unité de recherche CNRS, ministère de la Culture et université de Bordeaux) : Francesco D’Errico, Alain Queffelec et Laure Dayet (qui était en post-doc à l’université de Bordeaux et qui est désormais au laboratoire Traces).