Le champignon responsable de la dévastation des populations d’amphibiens à travers le monde provient d’une colonisation récente en provenance de l’Asie de l’Est

Le champignon responsable de la dévastation des populations d’amphibiens à travers le monde provient d’une colonisation récente en provenance de l’Asie de l’Est

Le champignon chytride, ou Batrachochytrium dendrobatidis, a longtemps été identifié comme une cause du déclin et de l’extinction des espèces de grenouilles, de crapauds, de tritons et d’autres amphibiens à travers plusieurs continents. Le chytride est distribué dans le monde entier mais, à ce jour, il n’est toujours pas clair où sont apparues les souches tueuses du pathogène.
Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Science en mai 2018 menée par des chercheurs de l’Imperial College de Londres et de nombreux partenaires dont la Zoological Society of London et l’École Pratique des Hautes Etudes (EPHE), en association avec le CNRS1 montrent que le champignon pathogène qui ravage actuellement les populations d’amphibiens sur tous les continents est originaire d’Asie de l’Est. Cette colonisation s’est faite au cours du XXème siècle, et le commerce international des amphibiens a favorisé cette épidémie.
Les chercheurs soulignent la nécessité de renforcer la biosécurité à travers les frontières, y compris une interdiction potentielle du commerce des amphibiens comme animaux de compagnie, pour assurer la survie des espèces vulnérables.

Notes :

1 Cette étude implique en France des chercheurs du Cirad de la Réunion et du laboratoire Astre du Cirad, du Laboratoire écologie, évolution, interactions des systèmes amazoniens (CNRS/Ifremer/Université de Guyane), du Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier/INP Toulouse) et du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS/Université de Montpellier/Université Paul Valéry Montpellier/EPHE)

Références :

Recent Asian origin of chytrid fungi causing global amphibian declines, Simon J. O’Hanlon, et al. Science, 11 mai 2018. aar1965