4 Bordelais classés parmi les chercheurs les plus cités au monde

Didier Astruc (en haut à g.), Sylvain Delzon (en haut à ), Francesco d'Erri

Didier Astruc (en haut à g.), Sylvain Delzon (en haut à ), Francesco d'Errico (en bas à g.) et Cyril Herry (en bas à ) © DR

Dans la liste des scientifiques les plus cités au monde, publiée ce mardi 18 novembre par le groupe Clarivate Analytics, 4 chercheurs sont issus du campus bordelais.

Chaque année, Clarivate analytics, spécialiste des analyses de la production scientifique, publie la liste des Highly cited researchers, c’est-à-dire les chercheurs qui ont eu une influence significative au travers la publication d’articles scientifiques dans 21 champs de recherche.

Cette année, 6167 chercheurs de 60 pays différents font partie cette liste, ils peuvent avoir publié dans un seul des 21 champs de recherche ou de façon pluridisciplinaire dans plusieurs de ces 21 domaines.

L’impact du nombre des Highly cited researchers est particulièrement important dans plusieurs classements internationaux dont celui de Shanghai, qui attribue 20 % du score total de chaque université sur la base de ce critère. D’où l’importance également pour les chercheurs, et les établissements en général, que les publications soient signées selon des règles précises et homogènes.

Parmi les 1% de chercheurs dont les travaux ont été le plus cité par leurs pairs figurent 4 chercheurs bordelais :

Didier Astruc, cité dans la catégorie Chimie

Didier Astruc est professeur émérite à l’Institut des sciences moléculaires (ISM - CNRS, Bordeaux INP et université de Bordeaux) et chimiste des nanosciences. Ses recherches portent sur des nanosystèmes, à l’interface entre les nanoparticules métalliques et les macromolécules arborescentes, pour concevoir de nouveaux capteurs, vecteurs de médicaments et catalyseurs dans l’esprit de la chimie verte. Il a publié une dizaine de livres d’enseignement et de recherche en chimie organométallique, catalyse et électronique moléculaire, et est l’auteur nombreuses publications scientifiques. Actuellement, il développe avec son équipe d’étudiants, et en collaboration avec plusieurs équipes chinoises, de nouveaux nanocatalyseurs recyclables dans le domaine de l’énergie. Il a été élu membre de l’Académie des sciences en décembre 2019 dans la section Chimie.

 


Félicitations aux 4 chercheurs bordelais parmi les + cités au monde #HighlyCited2020 par @clarivate : Didier Astruc (chimie), @SDelzon (sciences végétales), Francesco D’Errico (archéologie) & @CyrilHerrylab (neurosciences @Neuro_Bordeaux ) ! https://t.co/M6VgJRM9tR

— Université de Bordeaux (@univbordeaux) November 19, 2020

Sylvain Delzon, dans la catégorie Sciences végétales et animales

Sylvain Delzon est directeur de recherche Inrae au sein du laboratoire Biodiversité, gènes et communautés (Biogeco - Inrae et université de Bordeaux). Il défie les lois de la cavitation pour étudier la réponse des forêts au changement climatique. Sur le terrain avec un monitoring in situ, où il évalue l’impact du changement climatique sur la phénologie et la physiologie des arbres pour mieux comprendre leur réponse et répartition (forêts de Troncais et Pyrénéennes), mais également en laboratoire grâce au développement de prototypes, tel que le Cavitron, qui lui permettent de mesurer la  résistance à la sécheresse d’espèces forestières  du monde entier. Il travaille actuellement sur le dépérissement des arbres forestiers notamment dans les forêts de Séquoia en Californie (en partenariat avec les Universités de Stanford et Berkeley) où les plus grands arbres du monde sont actuellement menacés.

Francesco D’Errico, cité dans la catégorie Sciences sociales

Francesco d’Errico est directeur de recherche CNRS au laboratoire De la préhistoire à l’actuel : culture, environnement, anthropologie (Pacea - CNRS, ministère de la Culture et université de Bordeaux). Il consacre ses recherches à l’évolution cognitive des homininés fossiles et des premiers hommes modernes à travers l’analyse de leurs représentations symboliques, de leurs comportements techniques et de leur relation à l’environnement.  Ses travaux ont remis en question le modèle longuement accepté d’une révolution symbolique correspondant à l’arrivée des hommes anatomiquement modernes en Europe, il y a 40 000 ans. Ils ont démontré que des parures, gravures, pigments et outils élaborés en os étaient déjà utilisés en Afrique il y a au moins 80 000 ans, remettant ainsi en cause les scénarios traditionnellement admis pour l’origine des comportements modernes. L’originalité de ses travaux réside dans son aptitude à combiner l’étude des vestiges archéologiques avec l’expérimentation, l’analyse de phénomènes naturels et les données ethnographiques. Il a reçu la médaille d’argent du CNRS en 2014, une ERC Advanced Grant en 2010 et une ERC Synergy Grant en 2020.

Cyril Herry, cité dans la catégorie Neurosciences et comportement

Cyril Herry est directeur de recherche Inserm au Neurocentre Magendie (NCM - Inserm et université de Bordeaux - Bordeaux Neurocampus ) et neurophysiologiste. Ses recherches portent sur l’identification des circuits neuronaux de la peur et de l’anxiété par la mise en jeu d’approches neuroanatomiques, électrophysiologiques et comportementales. Il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques de haut niveau et son travail a été reconnu par l’obtention de prix de l’Académie Nationale de Science et de Médecine. Ses recherches actuelles se concentrent sur l’identification de marqueurs physiologiques de la peur et de l’anxiété chez l’homme et l’animal dans le but de développer de nouvelles approches thérapeutiques ciblées des troubles anxieux.

Comment est obtenu ce classement -

Afin de valoriser leurs travaux de recherche et ceci dès leur thèse, les chercheurs publient des articles dans des revues scientifiques, nationales ou internationales, dont les plus connues sont Nature et Science. Chaque publication est un rapport décrivant les résultats d’une recherche originale, écrit et publié selon certaines règles.

Ces articles sont soumis à un comité de lecture indépendant d’une revue adéquate et doivent contenir suffisamment d’informations (observations, méthodes, etc.) pour être jugés voire même répétés le cas échéant. Ces résultats sont rendus disponibles à la communauté scientifique, et peuvent être ultérieurement utilisés puis cités à leur tour par d’autres chercheurs dans de nouvelles publications.

Ce sont ces citations qui sont utilisées pour établir la liste des chercheurs les plus cités. En effet, plus des publications sont relayées par d’autres chercheurs, plus le ou les scientifiques signataires montent dans le classement. Cette analyse s’appuie sur le « Web of Science », la plateforme de bases de données bibliographiques.

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