Création du Grand prix de l’Académie des Sciences "Cécile DeWitt-Morette/École de Physique des Houches"

Cécile DeWitt-Morette

Cécile DeWitt-Morette

Ce nouveau Grand Prix est destiné à récompenser une ou un scientifique de moins de 55 ans ayant effectué des travaux remarquables dans le domaine de la physique. Le prix couvre toutes les composantes de la physique allant de la physique fondamentale jusqu’aux applications. La ou le candidat devra avoir participé aux travaux de l’École de Physique des Houches, soit comme élève, soit comme enseignant ou organisateur et être proposé par une personnalité du milieu scientifique.

Le prix "Cécile DeWitte-Morette" sera décerné chaque année lors de la séance de remise des prix de l’Académie des sciences sous la coupole de l’Institut de France qui a lieu traditionnellement à l’automne.

L’École de physique des Houches, hier et aujourd’hui

L’École de physique des Houches est créée en 1951 par l’Université scientifique de Grenoble, grâce à Cécile DeWitt-Morette, une physicienne française visionnaire qui souhaite redynamiser la recherche en physique et accélérer les échanges internationaux dans l’Europe d’après-guerre. À l’origine très rustiques et proches du gîte d’étape, les bâtiments se modernisent peu à peu. L’Université Grenoble Alpes et le CNRS, associés depuis 1998 à cette école, décident de renforcer le rayonnement scientifique national et international de l’École de Physique des Houches en créant une unité mixte de service (UMS) "École de Physique des Houches" en janvier 2017 réunissant l’UGA, le CEA, Grenoble INP, l’ENS de Lyon et le CNRS. École d’excellence internationale de la physique, cette institution compte parmi ses élèves et enseignants une cinquantaine de prix Nobel et 3 médailles Fields.

Historiquement, le premier cours est donné en 1951 par Léon van Hove et il est consacré à la mécanique quantique. L’école attire très rapidement les plus grands noms de la physique, comme Enrico Fermi, Wolfgang Pauli, Murray Gell-Mann ou John Bardeen, pour n’en citer que quelques-uns. Cécile DeWitt-Morette promeut aussi des jeunes inconnus : en 1951, Walter Kohn (prix Nobel de Chimie 1998) donne, à 28 ans, un cours de physique du solide. Philippe Nozières se voit confier l’organisation d’une session sur le problème à N corps en 1958 ; il a 26 ans. Parmi les étudiants, on compte, par exemple, Pierre-Gilles de Gennes, Georges Charpak, Claude Cohen-Tannoudji, ou Serge Haroche, futurs lauréats du prix Nobel de Physique, ou un peu plus tard les mathématiciens Ed Witten et Alain Connes (médaille Fields). Tous auront l’occasion de témoigner de leur grande reconnaissance envers l’école.

L’école a suivi les évolutions de la science. Elle s’est ouverte à des domaines périphériques, comme les mathématiques, les sciences de la terre, la chimie ou la biologie. D’ailleurs, les interactions entre ces disciplines sont très fréquemment au coeur des problématiques abordées aujourd’hui aux Houches.

Les prix Nobel qui ont contribué à la réputation de l’École de Physique des Houches

P.W. Anderson, J. Bardeen, N. Bloembergen, A. Bohr, A. Chamberlain, S. Chu, C. Cohen-Tannoudji, L.N. Cooper, E.A. Cornell, F. Englert, E. Fermi, R. Feynman, R. Glauber, M. Gell-Mann, P.G. de Gennes, D.J. Gross, D.M. Haldane, S. Haroche, G. Hooft, J.H. Jensen, A. Kastler, W. Ketterle, W. Kohn, W. Lamb, T.D. Lee, A. Leggett, A.B. McDonald, B. Mottelson, G. Mourou, L. Néel, W. Pauli, A. Penzias, W.D. Phillips, N. Ramsey, A. Salam, E. Segré, B. Schmidt, J.R. Schrieffer, J. Schwinger, W. Shockley, J. Steinberger, K. S. Thorne, D.J. Thouless, C. Townes, J.G. Veltman, E.P. Wigner, K.G. Wilson, C.N. Yang.

À ces prix Nobel s’ajoutent 3 médailles Fields en juin 2017 : E. Witten, R. Thom, A. Connes.