Des collections scientifiques au musée d’art contemporain

Andrée Azriel Boutin devant les collections de biologie © Arthur Pequin

Andrée Azriel Boutin devant les collections de biologie © Arthur Pequin

Dans le cadre de la saison culturelle Liberté ! Bordeaux 2019, l’artiste écossaise Ruth Ewan investit la nef du CAPC, le musée d’art contemporain de Bordeaux, du 20 juin au 22 septembre 2019. Avec "It Rains, It Rains", elle propose une interprétation grandeur nature du calendrier révolutionnaire. Parmi les centaines d’objets hétéroclites utilisés, le public peut découvrir diverses pièces des collections muséographiques de l’université de Bordeaux.

L’installation de Ruth Ewan - conçue et intitulée Back to the Fields en 2015, mais entièrement revisitée et rebaptisée It Rains, It Rains pour l’occasion - emprunte son titre à la chanson folklorique « Il pleut, il pleut, bergère » écrite par Fabre d’Églantine, qui aurait récité calmement les paroles de la chanson lors de son exécution en 1794.

L’artiste rassemble 365 objets, dont 5 spécialement créés pour l’exposition, afin de représenter les jours de l’année du calendrier républicain créé en 1793. Parmi les arbres, plantes, os et minéraux utilisés, le public peut contempler des spécimens prêtés par les collections de l’université de Bordeaux : crânes de cheval, de boeuf, de porc, de mouton, squelettes de chien, de lapin, de chat, de carpe, de chamois et une écrevisse issus des collections de biologie animale ; des fossiles prêtés par l’unité de formation sciences de la Terre et de l’environnement, et des ossements fournis par l’unité de recherche De la Préhistoire à l’actuel : culture, environnement et anthropologie (PACEA, université de Bordeaux / CNRS Centre national de la recherche scientifique ).

« Ce travail avec le CAPC est une première. En effet, des objets issus des collections de PACEA ont déjà été prêtés pour des expositions, mais plutôt dans des musées d’archéologie ou des muséums d’histoire naturelle, mais jamais encore dans un musée d’art contemporain. Les pièces présentées dans l’exposition sont des ossements de mammifères, d’oiseaux et de poissons. Ils font partie d’une collection d’anatomie comparée, utilisée par les chercheurs et les étudiants pour déterminer les ossements retrouvés dans les sites préhistoriques. Au CAPC, intégrés à l’installation de Ruth Ewans, ces ossements vont être regardés différemment, faisant la démonstration que l’utilisation des collections scientifiques de l’université peut avoir de multiples facettes ! » s’enthousiasme Dominique Armand, archéozoologue.

L’université remplie ici pleinement sa mission de diffusion de la culture scientifique et technique auprès du grand public, au service de l’art !



Je suis très heureuse que le Musée de biologie de l’université de Bordeaux puisse aider les artistes dans leur créativité.

Andrée Azriel Boutin  -- Gestionnaire des collections de biologie animale

Un peu d’histoire...

Le calendrier républicain
Au lendemain de la Révolution française, la République abandonne le calendrier grégorien en faveur du calendrier républicain. Au motif que « le temps ouvre un nouveau livre à l’histoire », les mois et les semaines sont restructurés. En collaboration avec des artistes, des poètes, des scientifiques et des horticulteurs, parmi lesquels l’homme politique Fabre d’Églantine et le mathématicien Gilbert Romme, les saisons et les jours sont renommés pour évoquer la nature et l’agriculture. Les noms des mois rappellent le climat (brumaire pour octobre par exemple) ou des moments importants de la vie paysanne (vendémiaire, les vendanges). Chaque jour est caractérisé par le nom d’un produit agricole, d’une plante, d’un animal ou d’un outil en lieu et place des noms des saints du calendrier traditionnel. Il sera officiellement en vigueur de 1793 à 1806.

Les collections de l’université de Bordeaux

L’université de Bordeaux possède un fonds considérable de collections scientifiques composées de spécimens de référence ou d’instruments scientifiques nécessaires aux activités de recherche et d’enseignement.

24 mai - TECNALIA et l’université de Bordeaux renforcent l’écosystème de l’innovation dans l’Eurorégion


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