Edition du génome végétal : l’Inra précise sa stratégie

Dans un contexte riche en débats sociétaux et réglementaires sur l’édition des génomes végétaux, l’Inra précise sa stratégie d’utilisation de ces nouvelles technologies pour l’acquisition de connaissances et l’amélioration des plantes. Les principes sous-tendant cette stratégie s’inscrivent pleinement dans les valeurs de l’Institut et reflètent sa volonté de contribuer au progrès environnemental, social et économique. Pour élaborer sa stratégie, l’Inra s’est appuyé sur les recommandations de l’avis rendu par le comité d’éthique Inra-Cirad-Ifremer au printemps 2018 ainsi que sur l’avis de son conseil scientifique de septembre dernier.

Stratégie de l’Inra en matière d’utilisation des technologies d’édition du génome : institut.inra.fr/Rec­herches-resultats/Strategie/Toutes-les-actualites/Strategie-de-l-Inra-en-matiere-d-utilisation-des-technologies-d-edition-du-genome-vegetal

L’avis du comité d’éthique : institut.inra.fr/Mis­sions/Promouvoir-ethique-et-deontologie/Avis-du-comite-d-ethique/Questions-ethiques-et-politiques-posees-par-l-edition-du-genome-des-vegetaux

Qu’est-ce que l’édition du génome -

Les techniques d’édition des génomes permettent de créer des modifications du génome (mutations ponctuelles, délétions ou encore insertions). Elles sont basées sur l’utilisation de nucléases (méganucleases, TALENs,Cas9) qui possèdent la propriété de couper l’ADN double-brin à des sites spécifiques préalablement choisis. Le processus de réparation de la coupure d’ADN engendre, selon la méthode choisie, soit l’inactivation du gène cible par insertion ou délétion, soit la modification d’une ou quelques paires de bases de la séquence d’ADN cible, soit l’introduction d’une séquence d’ADN. L’utilisation de nucléases désactivées mises au point récemment permet de créer des mutations ponctuelles sans coupure d’ADN. Ces techniques permettent d’analyser la fonction de gènes ou de séquences régulatrices de leur expression. Dans certains pays, elles sont utilisées en création variétale en modifiant de façon ciblée et précise les gènes impliqués dans des caractères d’intérêt.

Selon l’arrêt du 25 juillet 2018 de la Cour de Justice de l’Union Européenne, les plantes dont le génome est modifié par les technologies d’édition du génome sont des organismes génétiquement modifiés. Elles sont donc soumises aux procédures d’évaluation des risques, d’autorisation, de traçabilité et d’étiquetage des organismes génétiquement modifiés issus des technologies de transgénèse, et ceci même si les modifications ne se traduisent pas par l’introduction d’un fragment d’ADN exogène.