ExoMars 2020 : Le rover européen a choisi son site d’atterrissage martien

Carte topographique MOLA et les ellipses d’incertitude d’atterrissag

Carte topographique MOLA et les ellipses d’incertitude d’atterrissage du début et de la fin de la fenêtre de tir

Aller au contenu principal Aller à la recherche Aller à l’agenda

L’Agence Spatiale Européenne (ESA) vient d’annoncer le nom du site final d’atterrissage de la mission robotisée ExoMars 2020. Il s’agit d’Oxia Planum, proposé par des équipes internationales dirigées par deux laboratoires français : l’Institut d’Astrophysique Spatiale (CNRS / Université Paris-Sud) et le Laboratoire de Géologie de Lyon : Terres, planètes, environnement (Université Lyon 1 / ENS / CNRS).

Choisi pour sa composition en roches ayant enregistré une activité aqueuse pendant l’histoire très primitive de Mars, Oxia Planum a été analysé notamment grâce aux données de l’instrument français OMEGA à bord du satellite européen Mars Express.  

Oxia Planum : le grand lauréat

Scientifiques et ingénieurs européens étaient réunis au National Space Center de Leicester (UK), les 8 et 9 Novembre 2018, pour choisir le site d’atterrissage de la mission robotisée ExoMars 2020 (ESA). À l’issue de cette réunion, l’ESA a annoncé que le site final de la mission serait Oxia Planum. Les deux sites en compétition pour cette ultime sélection, Mawrth Vallis et Oxia Planum, proposés par des équipes internationales dirigées par l’Institut d’Astrophysique Spatiale et le Laboratoire de Géologie de Lyon, répondent tous deux aux objectifs scientifiques de la mission. Oxia Planum offre cependant davantage de marges de sécurité pour l’étape cruciale de l’atterrissage et la mobilité du rover. Les deux sites finalistes ont été découverts grâce aux données du spectro-imageur OMEGA (instrument de la sonde européenne Mars Express) qui y a détecté des argiles hydratées sur de vastes étendues. La combinaison des données OMEGA avec les autres jeux de données orbitaux a été nécessaire pour caractériser en détail les sites en lice : un travail réalisé en partie grâce au service d’observation Portail de Surfaces Planétaires permettant le traitement et la diffusion massive de données orbitales martiennes.

Le site d’un océan ancestral martien ?

Oxia Planum se situe sur la marge d’un ancien bassin, Chryse Planitia et présente d’épais dépôts sédimentaires argileux anciens datant de plus de quatre milliards d’années. Ces dépôts argileux ont été observés en de nombreux endroits tout aussi anciens de la planète, laissant à penser qu’ils témoignent d’un processus de formation aqueux à l’échelle planétaire. D’après l’organisation de ces dépôts et leur composition, ils pourraient correspondre à des dépôts palustres ou marins témoignant peut-être d’un océan ancestral martien. L’objectif scientifique d’ExoMars est de détecter d’éventuelles traces de vie dans des échantillons qui seront prélevés jusqu’à deux mètres dans le sol grâce à un système unique de forage, ce qui permettra de récolter des échantillons martiens non exposés au bombardement cosmique, délétère pour la matière organique.

Un laboratoire d’observation et d’analyse embarqué

ExoMars décollera au cours de l’été 2020 pour atteindre Mars au printemps 2021. Ce rover embarquera plusieurs instruments fabriqués dans des laboratoires français :

  • WISDOM, un radar à pénétration de sol qui permettra une imagerie des premiers mètres du sous-sol et guidera la localisation du forage ;
  • MicrOmega, un microscope hyperspectral proche-infrarouge qui permettra, à l’échelle microscopique, la caractérisation minéralogique et l’identification de phases carbonées des échantillons prélevés par le forage ;
  • MOMA, disposant d’un chromatographe en phase gazeuse pour la caractérisation de la matière organique.