Fin des fouilles archéologiques au château de Villers-Cotterêts (Aisne)

Semelle de chaussure retrouvées dans le fossé médiéval à Villers-Cotterêts (Aisn
Semelle de chaussure retrouvées dans le fossé médiéval à Villers-Cotterêts (Aisne). © Clémence Blanchat, Inrap
Les archéologues de l’Inrap accompagnent depuis mars 2020 la rénovation du château de Villers-Cotterêts portée par le Centre des monuments nationaux (CMN). L’inauguration de la Cité internationale de la langue française qui s’installera au sein du château est annoncée en 2023. La rénovation s’achève et les archéologues quittent le terrain après trois ans de fouille et d’étude de l’édifice. Un chantier archéologique hors norme.

Les différentes recherches menées

Le château de Villers-Cotterêts comprend le Logis royal Renaissance constitué de quatre ailes principales encadrant une cour aménagée en jeu de Paume et une cour des Offices au sud, entourée par des bâtiments.
Une première fouille a eu lieu au printemps/été 2020 autour du logis et dans la cour du jeu de Paume. Les opérations archéologiques se sont poursuivies, de novembre 2020 jusqu’à mars 2023, par la fouille de la Cour des Offices, des suivis de travaux dans le logis et une étude sur le bâti concernant l’ensemble des bâtiments.


Les problématiques scientifiques principales concernent les aménagements liés au château construit par François Ier au XVIe siècle, les restructurations des XVIIe et XVIIIe siècles, et l’occupation du site durant le Moyen âge, sujet très faiblement documenté par les archives.

La méthode d’approche des vestiges de toutes ces périodes est singulière : pluridisciplinaire, elle se veut complète, mêlant fouille classique, accompagnement de tous les travaux (creusements dans le château, charpentes, maçonneries...), et étude de bâti intégrale sur les parois externes et internes de l’édifice.

Il est très rare que les archéologues puissent étudier à la fois un ensemble architectural complet et les constructions qui l’ont précédé. Ces données abondantes et inestimables permettront, après études, une restitution au CMN et à l’ensemble de la population de l’histoire du château au Moyen âge et de celle du Palais royal.

Quelques chiffres

  • 3 ans de fouille
  • 6000 journées de travail sur le terrain
  • entre 5 et 25 archéologues ont travaillé simultanément sur le site
  • la responsable d’opération a été épaulée par trois responsables de secteur,
  • un responsable d’étude sur le bâti et un topographe/photogrammètre/sigiste.
  • des données acquises sur une superficie globale de 1,8 ha, sans compter le diagnostic mené dans les jardins
  • 47 archéologues impliqués
  • 24 spécialistes ont déjà amorcé les études (bâti, céramique, problématique du jeu de Paume, numismatique, verre, instrumentum, terres cuites architecturales, lapidaire, archives, traitement mobilier, traitement plans et relevés photogrammétriques, etc.)
  • un travail mené au quotidien en co-activité avec près de 350 compagnons d’une quinzaine de corps d’état différents engagés dans la rénovation du château

Des découvertes exceptionnelles jusqu’aux derniers jours

Au cours de la dernière période de fouille, les archéologues ont pu étudier le secteur encore non observé au sud du Logis royal. Les vestiges du système d’accès au château médiéval ont été mis au jour. Ce système se compose d’une tour-porche, située immédiatement devant l’entrée principale construite au XVIe siècle. Les vestiges permettent également de restituer au-devant de la tour-porche un pont-levis qui permettait d’enjamber le fossé sans eau. Son accès depuis l’extérieur, moins bien conservé, laisse envisager la construction probable de deux tourelles encadrant le chemin d’entrée.

Les archéologues quittent le château de Villers-Cotterêts pour se concentrer sur les études des données acquises. Un premier rapport portant sur la première phase de fouille sera publié au cours de l’été 2023.

Aménagement : Centre des monuments nationaux (CMN)

Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac Hauts-de-France)

Recherche archéologique : Inrap
Responsables scientifiques : Thierry Galmiche, Service archéologique départemental de l’Aisne (mai à août 2020) ; Bénédicte Guillot, Inrap (novembre 2020 à mars 2023)