L’agroforesterie, priorité de recherche au coeur de la transition agro-écologique

Congrès mondial agroforesterie © Christophe Maitre

Congrès mondial agroforesterie © Christophe Maitre

Le 4e Congrès mondial d’Agroforesterie, placé sous le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron Président de la République, s’est ouvert à Montpellier le 20 mai 2019, en présence de Philippe Mauguin, président directeur général de l’Inra, Michel Eddi, pdg du CIRAD, Philippe Augé, président de l’université de Montpellier et Marie Helena Semedo, directrice générale adjointe de la FAO. Pour la première fois organisé en Europe par le Cirad et l’Inra, en partenariat avec World Agroforestry, Agropolis International et Montpellier Université d’Excellence, ce congrès réunit pendant une semaine quelque 15 000 participants, en provenance de plus de 100 pays.

L’agroforesterie, qui consiste à associer des arbres dans les cultures et les pâtures, est désormais reconnue pour protéger les sols, répondre aux enjeux du changement climatique et contribuer à la sécurité alimentaire mondiale. Cette pratique pourrait donc bien être l’avenir de l’agriculture. Les domaines d’application sont très divers : haies et alignement d’arbres ou d’arbustes dans et autour des parcelles, agriculture multi-étagée, production de bois d’oeuvre ou de fruits dans les cultures, arbres fourragers et mellifères, arbres d’ombrage pour les cultures pérennes (café, cacao, vigne) ou le bétail, agroforêts multi-strates et jardins agroforestiers.

En ouverture de congrès mondial, Philippe Mauguin a déclaré : « A l’Inra, ce sont plus de 10 de nos unités de recherche qui sont impliquées dans des projets de recherche en agroforesterie et dans l’étude des associations d’arbres et de cultures ou des systèmes sylvopastoraux. Parce qu’ils réconcilient productivité, efficience de l’usage des ressources et résilience, nous considérons ces systèmes agroforestiers comme des leviers des plus prometteurs de la transition agroécologique nécessitant l’implication de l’ensemble de la chaîne de valeur. »

Cette 4e édition du Congrès mondial de l’Agroforesterie est ancrée dans le débat de société sur l’agriculture. Une Union internationale de l’agroforesterie sera créée à l’issue du congrès, afin de fédérer les innovations en agroforesterie à l’échelle mondiale.

La France et Montpellier, 35 ans de recherche en agroforesterie

Le concept d’agroforesterie est apparu, dans les années 70. C’est à l’Université de Montpellier qu’ont été conduites, dans les années 80, les premières recherches françaises sur l’agroforesterie. Elles sont maintenant conduites au sein de la communauté scientifique d’Agropolis International, grâce aux équipes de recherche du Cirad, de l’Inra et de l’IRD. La France a joué un rôle prépondérant dans la réflexion scientifique sur l’agroforesterie, avec la mise en place d’un Plan national de développement de l’agroforesterie en 2016. Ainsi aujourd’hui, plus de 15 unités de recherche françaises, réunissant environ 120 chercheurs, s’intéressent à l’agroforesterie.