L’interaction entre dopamine et stress canalise l’organisation sociale

La plupart des espèces animales vivent selon une organisation sociale qui engendre une individuation des comportements. Les mécanismes biologiques qui conduisent à son émergence restent mal connus. Une équipe de l’ IBPS a travaillé sur la hiérarchie sociale qui s’établit entre des souris génétiquement identiques.

Publié le 17/11/2023 - Mis à jour le 17/11/2023 Lecture 2 min.

L’équipe de Sébastien Parnaudeau et François Tronche (NPS) et leurs collaborateurs a montré que dans des colonies de souris génétiquement identiques, une hiérarchie sociale stable s’établit. Les individus de rang élevé sont plus anxieux et plus sociaux que ceux de rang bas. La sociabilité est un trait qui préexiste chez les futurs individus de rang élevé et influence probablement leur futur rang social.

D’un point de vue physiologique, les individus de rang élevé présentent une activité plus faible des neurones à dopamine de l’aire tegmentale ventrale. La diminution de cette activité, directe ou en conséquence du blocage du récepteur des hormones de stress, promeut une ascension dans la hiérarchie.

Finalement, les souris de rang bas présentent une augmentation de la réponse aux drogues d’abus ainsi qu’une sensibilité accrue dans un modèle de dépression. Ces résultats font écho aux travaux chez l’humain établissant un lien entre statut social et vulnérabilité aux psychopathologies et permettent d’envisager un mécanisme biologique derrière ce phénomène.

Références

Barik J, Marti F, Morel C, Fernandez SP, Lanteri C, Godeheu G, Tassin JP, Mombereau C, Faure P, Tronche F. Chronic stress triggers social aversion via glucocorticoid receptor in dopaminoceptive neurons. Science. 2013 Jan 18;339(6117):332-5. . PMID: 23329050.



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