Muséum et université de Bordeaux : histoires croisées

Classification des oiseaux © FDeval

Classification des oiseaux © FDeval

Le Muséum d’histoire naturelle de Bordeaux rouvre le dimanche 31 mars 2019 après dix ans de travaux. Une longue attente pour le public impatient de (re)découvir les riches collections exposées dans un lieu entièrement restauré. Des spécialistes de l’université de Bordeaux, membres du comité scientifique du Muséum, témoignent.

Les travaux de rénovation et d’extension sont terminés, le Muséum de Bordeaux rouvre enfin ses portes à public enthousiaste. Le chantier a porté sur trois bâtiments : le centre de conservation des collections, le pavillon administratif et l’Hôtel de Lisleferme, bâtiment entièrement consacré aux expositions permanentes, temporaires et aux animations.

Le désormais « Muséum de Bordeaux - sciences et nature » présente un nouveau parcours muséographique pour tous les âges, accompagné de dispositifs interactifs. Une muséographie épurée pour une approche contemporaine de l’histoire naturelle , avec une sélection d’environ 3 500 spécimens. Les autres spécimens, actuellement conservés en réserves, seront présentés lors d’expositions semi-permanentes ou temporaires. Autre nouveauté : la création d’un Musée des tout-petits , dédié aux enfants de moins de 6 ans.

Des spécialistes universitaires impliqués

C’est au double titre de professeur en épistémologie et histoire des sciences de l’université de Bordeaux (spécialiste de l’histoire des sciences de la vie rattaché au laboratoire Sciences, philosophie, humanités - SPH ), et de responsable du master Information et médiation scientifique et technique (IMST), que Pascal Duris a été sollicité pour faire partie du comité scientifique, afin de valider les orientations du projet scientifique, culturel et muséographique du Muséum .



La réouverture de cet établissement permet aux visiteurs de découvrir l’état actuel des connaissances en biologie tout en les inscrivant dans leurs dimensions historiques.

Pascal Duris  -- Laboratoire SPH



Anne-Marie Tillier , directrice de recherche CNRS émérite du laboratoire De la Préhistoire à l’actuel : culture, environnement, et anthropologie (PACEA) a quant à elle été sollicitée pour des identifications de collections ostéologiques. « En tant qu’archéoanthropologue, j’ai également contribué aux relectures des textes et aux ajustements apportés à l’espace permanent consacré à la nature vue par les hommes, qui intègre un volet historique, une classification du vivant, ainsi qu’un volet sur l’empreinte de l’homme sur son environnement. »

Selon elle, il s’agit d’une actualisation fondamentale. « La rénovation du musée valorise un patrimoine naturel irremplaçable - l’ensemble consacré aux sciences de la nature recueilli depuis sa création en 1857 et régulièrement enrichi - avec une nouvelle muséographie, qui propose au public un parcours intégrant les avancées de la recherche . »



Dans les espaces semi-permanents, ne manquez pas de découvrir le Musée des tout-petits, très original dans sa conception !

Anne-Marie Tillier  -- Laboratoire PACEA



Dominique Armand , autre spécialiste du laboratoire PACEA, a une longue relation avec le Muséum. Alors qu’elle était encore étudiante, elle fut animatrice du club d’enfants pendant plusieurs années. Pour ce nouveau parcours muséographique, la spécialiste en archéozoologie a participé à la validation de la scénographie et des textes des bornes interactives.

« Il s’agit d’un très beau bâtiment et les collections qu’il possède sont très riches. Il tient une place importante au sein des institutions muséales de la ville : c’est le seul musée entièrement consacré aux sciences de la vie et de la Terre, avec une dimension historique mais aussi un regard tourné vers l’avenir » précise-t-elle. En effet, l’un des objectifs pédagogiques du Muséum est la protection des espèces et de la planète. « Une très jeune génération ne l’a pas du tout connu ouvert et des parents, qui l’ont visité étant jeunes, ont envie de le montrer à leurs enfants. De très nombreuses personnes attendaient donc avec impatience sa réouverture ! »



Dominique Armand  -- Laboratoire PACEA



Autre discipline, autre spécialiste. Etienne Roux , du laboratoire de Biologie des maladies cardiovasculaires confie : « mes contacts avec le Muséum datent de plus de 15 ans, lorsque j’ai pris en charge l’organisation d’un enseignement optionnel qui permettait à des étudiants de licence d’y faire un stage pour s’initier au travail de médiation scientifique. En tant que physiologiste, mon rôle au sein du conseil scientifique est celui de conseil sur les fonctions physiologiques des organismes exposés, et la relecture de ressources muséographiques sur ces questions. »

L’enseignant-chercheur se réjouit, car il mesure l’importance d’une telle structure, accessible à un public varié. « Les muséums d’histoire naturelle sont un élément fondamental de découverte de la diversité des organismes vivants , dans leur histoire évolutive comme dans leurs relations au sein des écosystèmes , et également des menaces qui peuvent peser sur eux. » Le Muséum de Bordeaux redevient incontournable en effet, pour appréhender et sensibiliser toutes les générations à la biodiversité .



C’est toute la réussite du Muséum d’allier le plaisir direct de voir - parfois même de toucher - au plaisir d’apprendre, en toute rigueur scientifique.

Etienne Roux  -- Laboratoire Biologie des maladies cardiovasculaires



Des collections de l’université en dépôt au Muséum

Une collection de de zoologie médicale, principalement constituée par les médecins de l’école de santé navale de Bordeaux au début du 20e siècle, fait l’objet d’une convention de dépôt entre l’université de Bordeaux et Le Muséum de Bordeaux depuis 2012. Il s’agit d’un ensemble d’environ 400 bocaux et flûtes, dans lesquels des spécimens sont conservés en fluide (alcool). On y trouve des reptiles, principalement des squamates (serpents, lézards, caméléons), des amphibiens (grenouilles), des poissons et des arthropodes (insectes, arachnides et myriapodes). Quelques spécimens sont exposés dans la collection permanente, les autres sont soigneusement conservés dans les réserves.

Une collection de roches et de minéraux fait également l’objet d’une convention de dépôt entre l’université de Bordeaux et le Muséum.

Les collections de l’université de Bordeaux

L’université de Bordeaux possède un fonds considérable de collections scientifiques composées de spécimens de référence ou d’instruments scientifiques nécessaires aux activités de recherche et d’enseignement.


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