Remise des prix et médailles de l’Académie des Sciences 2023

Le 17 octobre, l’Académie des Sciences a remis l’ensemble des prix et médailles attribués en 2023.

Les prix de l’Académie des sciences honorent chaque année des scientifiques d’expérience et encouragent de jeunes chercheurs en début de carrière. Ils sont attribués grâce à la générosité de donateurs privés, d’organismes d’État ou d’entreprises, et concernent l’ensemble des domaines de recherche, fondamentaux ou appliqués.

Sorbonne Université et ses partenaires comptent plusieurs de ses membres parmi les lauréats.
La médaille est décernée à Anne-Laure DALIBARD. Professeure au Laboratoire Jacques-Louis Lions (Sorbonne Université) et au Département de mathématiques et applications (École normale supérieure de Paris).

Anne-Laure Dalibard s’intéresse à l’analyse mathématique de phénomènes multi-échelles, en particulier en mécanique des fluides. Elle a notamment étudié la séparation de la couche limite visqueuse au voisinage d’un obstacle, ainsi que la formation de couches limites près des côtes, de la surface et des fonds marins en océanographie.

Le prix est décerné à Eleonora DI NEZZA. Professeure à l’ IMJ-PRG , Sorbonne Université.

Eleonora Di Nezza travaille à l’interface de plusieurs domaines tels que la géométrie complexe et différentielle ainsi que la géométrie algébrique, plus précisément en géométrie kählérienne. En particulier, ses travaux sur les équations de Monge-Ampère dégénérées et la théorie du pluripotentiel ont reçu beaucoup d’attention et en 2021 elle s’est vue décerner la "Médaille de Bronze du CNRS". Elle est lauréate IUF Junior de la promotion 2023.
Le prix est décerné à Bogdan MALAESCU. Chargé de recherche CNRS au Laboratoire de physique nucléaire et de hautes énergies (CNRS/IN2P3/Sorbonne Université/Université Paris Cité).

Bogdan Malaescu s’intéresse aux études expérimentales et phénoménologiques de la chromodynamique quantique, ainsi qu’aux méthodes statistiques qui y sont employées. Dans ces études, il utilise des données de haute précision des spectres hadroniques dans les collisions électron-positron, ainsi que des données à la frontière d’énergie collectées avec l’expérience ATLAS au LHC. Il est un acteur majeur pour la détermination de la contribution hadronique au moment magnétique anomal du muon (g-2).

La médaille est décernée à Isabelle BLOCH. Professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1, Institut Camille Jordan ; membre de l’Institut Universitaire de France. Professeure à Sorbonne Université, membre du laboratoire LIP6 (CNRS/Sorbonne Université).

Isabelle Bloch s’intéresse aux modèles formels de représentation des connaissances et de raisonnement, en particulier sur l’espace, avec des approches d’intelligence artificielle hybride, combinant formalismes logiques et apprentissage à partir de données. Les applications portent sur l’interprétation d’images médicales, en collaboration avec des radiologues et des chirurgiens.
Le prix est décerné à Stéphane POPINET. Directeur de recherche CNRS à l’ Institut Jean le Rond d’Alembert (CNRS/Sorbonne Université).

Stéphane Popinet s’intéresse au développement et à l’application de méthodes numériques en mécanique des fluides pour comprendre de nombreux phénomènes physiques : échanges entre l’océan et l’atmosphère, milieux granulaires, écoulements microfluidiques, tsunamis et vagues... Il est également l’auteur des logiciels libres bien connus Gerris et Basilisk et promeut depuis de nombreuses années une science ouverte et collaborative.

La médaille est décernée à Maria Antonietta BARUCCI. Astronome de classe exceptionnelle au Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique à l’Observatoire de Paris/PSL/CNRS/Sorbonne Université/Université Paris Cité.

Le domaine de recherche de Maria Antonietta Barucci est l’origine et de l’évolution du Système Solaire à travers l’étude des populations des petits corps. Elle a coordonné de nombreux programmes internationaux d’observations du sol et de l’espace. Elle a participé et participe à la conception et au développement de plusieurs missions spatiales (ESA, NASA, JAXA). Elle a été pionnière dans la caractérisation physico-chimique des objets transneptuniens.
Le prix est décerné à Stéphane CHARLOT. Directeur de recherche CNRS à l’ Institut d’astrophysique de Paris (CNRS/Sorbonne Université).

Stéphane Charlot est spécialiste de l’interprétation spectrale de la lumière émise par les populations stellaires et le milieu interstellaire, ses modèles ont permis des avancées majeures dans la compréhension des phénomènes physiques qui régissent la formation et l’évolution des galaxies. Il a accompagné le développement du spectrographe proche-infrarouge à bord du télescope spatial James Webb, qu’il utilise pour explorer l’aube cosmique.

La médaille est décernée à Claire WILHELM. Directrice de recherche CNRS dans l’équipe Macromolécules et microsystèmes en biologie et médecine (MMBM) de l’unité Physico-chimie Curie (CNRS UMR168 / Sorbonne Université) au Centre de recherche de l’Institut Curie à Paris.

Claire Wilhelm est experte en nanotechnologies, elle utilise les nanomatériaux magnétiques pour l’ingénierie tissulaire, et son équipe a démontré qu’une stimulation magnétique pouvait déclencher la différenciation cellulaire. En parallèle, elle explore le potentiel thérapeutique de nanoparticules et leur réactivité en environnement biologique, qui a conduit à la découverte récente d’un bio-magnétisme intracellulaire.
Le prix est décerné à Renata BASTO. Directrice de recherche au CNRS et cheffe de l’équipe Biologie des centrosomes et de l’instabilité génétique dans l’unité Biologie Cellulaire et Cancer (CNRS UMR144 / Sorbonne Université) au Centre de recherche de l’Institut Curie à Paris.

Renata Basto s’intéresse aux mécanismes qui régulent le nombre de centrosomes et de chromosomes dans les cellules et tissus, et comment ceux-ci peuvent parfois dysfonctionner et causer des pathologies telles que le cancer. Dernièrement des travaux de son équipe ont ainsi identifié pour la première fois de nouvelles anomalies au niveau du centre organisateur des microtubules, le centrosome, dans les cancers de l’ovaire.

Le prix est décerné à Francis CORSON. Directeur de recherche CNRS au Laboratoire de physique de l’ENS (CNRS / ENS - PSL / Sorbonne Université / Université Paris Cité).

A l’interface entre la physique et la biologie du développement, les recherches de Francis Corson menées en étroite collaboration avec des expérimentateurs s’appuient sur l’aller et retour entre théorie, modélisation et expériences pour éclairer la dynamique des processus de développement. Cette approche interdisciplinaire a notamment permis de mieux comprendre comment des structures complexes peuvent s’auto-organiser au cours du développement, et de mettre en évidence le rôle des forces mécaniques dans l’établissement du plan corporel des vertébrés.
Le prix est décerné à Hervé LE GUYADER. Professeur émérite à Sorbonne Université, Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité (ISYEB, UMR 7205).

Passionné par la biologie évolutive, Hervé Le Guyader s’est penché sur les trois temporalités qui la rythment. Par les phylogénies il a exploré le temps long de la géologie et par la génétique du développement, il a éclairé le temps court de l’embryologie. Puis pour saisir les subtilités de leurs interactions, il lui a fallu se consacrer au temps humain, celui de l’histoire des concepts et des scientifiques qui les ont fait vivre.



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