13e édition de la conférence mondiale sur le capital immatériel

La 13ème édition de la conférence internationale sur le capital immatériel, coorganisée par l’UNESCO à travers son programme Information pour tous (PIPT) et l’Université Paris-Sud dans le cadre de la Chaire européenne de l’immatériel, s’est tenue lundi 3 et mardi 4 juillet 2017, au siège de l’UNESCO à Paris.


Sur le thème "Information et connaissances pour tous: vers une innovation inclusive", l’objectif de cette conférence est de mettre en lumière les perspectives d’une innovation inclusive comme voie d’amélioration du flux d’informations et de partage des connaissances, ainsi que d’identifier son impact sur les ressources globales des populations. Cette question concerne aussi bien les pays développés que les pays en développement et souligne le rôle essentiel des données et ressources numériques dans la capacité des communautés à innover. Elle souligne également le rôle actif que la société joue comme centre d’innovation.

Suite au succès des précédentes conférences sur la Corée du Sud (IC8), la Méditerranée (IC9), le Brésil (IC10), la Chine (IC11) et l’Afrique (IC12), l’accent régional de l’événement 2017 a été mis sur le Japon en tant que pays leader en économie et gestion immobilière intangibles / intellectuelles.
Cette conférence internationale regroupe environ 200 participants, dont des experts des principales institutions et agences nationales et internationales: l’OCDE, la Banque mondiale, la Commission européenne, le Fonds européen d’investissement, METI, l’Université de Cambridge, ASTP-Proton, Curie Network, ainsi qu’un certain nombre de représentants japonais du secteur privé et du milieu universitaire.

Cette conférence a été inaugurée par Dr Boyan Radoykov représentant de l’UNESCO, qui a accueilli les participants et souligné la pertinence du sujet en lien avec les travaux de l’Organisation pour la promotion de la paix et du développement, la réduction des divisions et la construction de sociétés inclusives. Dr Boyan Radoykov a rappelé que, depuis sa création, l’UNESCO a été l’Agence des Nations Unies la plus efficace pour faire avancer les programmes de développement en éducation, sciences, culture, communication et information. L’UNESCO est également l’un des principaux acteurs d’incitation à l’innovation, au développement des idées créatives et à la création de synergies et de partenariats intellectuels à travers le monde.

Le Professeur Etienne Augé, Vice-président de l’Université Paris-Sud, pour sa part, a insisté sur l’importance de la recherche en sciences sociales pour comprendre la dynamique de la transformation numérique des organisations et de nos sociétés, ainsi que sur l’importance de l’interdisciplinarité pour comprendre la complexité des échelles associées.

Au cours des huit séances plénières, les participants ont abordé la thématique centrale de l’articulation entre information, connaissance et innovation inclusive : de la prise de décision à l’impact de l’information et la manière dont elle peut être partagée et diffusée, le rôle des institutions comme élément clé du capital immatériel des nations, le concept d’organisations hybrides et de plates-formes numériques. à cette occasion, Pr Ahmed Bounfour, titulaire de la chaire européenne de l’immatériel et Professeur à l’Université Paris-Sud, a déclaré: "Etant donné la profonde transformation des systèmes socio-économiques induite par le numérique, de nouvelles approches pour aborder la question de l’information et du savoir sont nécessaires, particulièrement dans la perspective de l’innovation inclusive".

Dans son intervention, M. Indrajit Banerjee, Directeur de la Division des sciences du savoir de l’UNESCO, a mentionné les perspectives d’avenir de l’Organisation dans le domaine de l’innovation en créant de nouvelles opportunités éducatives formelles et non formelles, en développant de nouveaux modèles d’apprentissage et des idées d’approches et de pratiques d’innovation sociétale comme notamment le rôle critique de l’information dans la construction de sociétés durables. Conformément au programme 2030 des Nations Unies (UN 2030 Agenda), M. Indrajit Banerjee a souligné l’importance d’assurer une poussée vers la créativité et l’innovation par des approches «solutions ouvertes» (SDG 10.2).

Dans ce contexte, Mme Chafica Haddad, présidente du Programme intergouvernemental de l’UNESCO Information pour tous (PIPT), a discuté des initiatives entreprises dans le cadre des six priorités du programme pour relever les défis des politiques de société de la connaissance, dans les plans nationaux de développement durable. Elle a également souligné l’importance de l’accès universel à l’échange d’informations et de connaissances pour rendre possible toute innovation, stimulant ainsi l’égalité sociale, le développement, la croissance économique et la prospérité. «Les TIC sont des outils innovants et expérimentaux et l’agenda des Nations Unies 2030 reconnaît leur potentiel important pour moderniser l’éducation, l’environnement de travail et les perspectives et les services publics et ainsi améliorer la qualité de vie [...] Mais l’avancement technologique et l’application de solutions innovantes ne suffisent pas à construire des sociétés durables, adaptées et résilientes. Une solidarité et un effort collectif sont nécessaires pour faire avancer l’humanité.

Certaines questions avaient été mentionnées dans les précédentes éditions de la conférence internationale sur le capital immatériel, mais elles sont à l’honneur de cette 13e conférence (IC 13), qui les traite sous différents angles: géographique (Asie, Europe, Amérique du Nord et du Sud et Afrique) Institutionnels (grandes entreprises, grandes institutions internationales, petites entreprises) et professionnels (chercheurs, décideurs politiques et secteur privé). Des exemples de réussite du déploiement d’écosystèmes innovants ont été présentés lors de la conférence, tels que le système de paiement MPESA au Kenya, les Clubs informatiques pour les jeunes à Cuba, et les «utilisateurs précoces» de la ville de Chicago pour illustrer l’innovation institutionnelle.

Dans cette même perspective, les représentants japonais ont présenté des programmes pionniers sur les biens immatériels et le capital intellectuel, comme l’approche prospective de l’innovation et de la société durable d’ici 2030.

Cette conférence contribue de manière significative à identifier les meilleures pratiques internationales dans le domaine de l’innovation inclusive et amène à réfléchir à un large éventail de questions concernant ses répercussions sur les économies émergentes et en développement et l’inclusion sociale.