La nouvelle structuration de la recherche de l’université

© université de Bordeaux - Freepik

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La structuration de la recherche de l’établissement, inscrite dans le projet de campagne de Manuel Tunon de Lara, va évoluer dans les prochains mois. Le vice-président Recherche, Philippe Moretto, en présente les grandes lignes.

Comment va être structurée la recherche à l’université de Bordeaux ?


La recherche est actuellement structurée autour de trois grands départements thématiques (Sciences humaines et sociales, Sciences et technologies et Sciences de la vie et de la santé). Les mandats des départements s’achèveront à la fin du premier trimestre 2019. A leur suite seront créées des composantes internes de recherche ou CIR (nom provisoire), conformes au Code de l’éducation , au plus près des communautés scientifiques.
Ce projet collectif répond aux objectifs complémentaires suivants : responsabiliser les communautés pour définir et conduire une politique scientifique sur leur périmètre thématique, améliorer la lisibilité de la recherche sur le site tout répondant aux exigences d’une grande université internationale.

Pourquoi faire évoluer les départements de recherche ? 


Les départements ont joué un rôle institutionnel déterminant dans la phase de fusion, dès 2014, dans l’organisation des activités de recherche. Pour autant, ils n’ont peut-être pas bénéficié de toutes les prérogatives nécessaires pour mener à bien certaines missions, notamment en matière de pilotage de la stratégie de recherche. Leur rôle s’est focalisé sur la coordination des unités de recherche qui leur étaient rattachées, avec des périmètres thématiques très larges et des moyens, notamment sur les projets, relativement limités.
En dehors de quelques programmes spécifiques, les départements n’avaient pas non plus toute la visibilité sur l’ensemble des projets soutenus dans le cadre de l’IdEx. Depuis l’automne 2017, une réflexion impulsée par la présidence était menée par les directions des départements pour faire évoluer ces structures. 

Comment décririez-vous ces nouvelles composantes internes de recherche ?


Tout d’abord, il y aura une dizaine de CIR, leur nombre n’étant pas encore complètement stabilisé. Il devrait l’être début juillet, et on pourra communiquer la liste à ce moment-là après les votes en Commission recherche et au Conseil d’administration.

Je souhaite que ces composantes puissent s’appuyer sur une forte expertise scientifique, qui sera rendue possible avec des CIR aux thématiques plus spécialisées. Les CIR seront responsabilisées en termes de stratégie scientifique de manière à affiner leurs principaux axes de recherche et ainsi déterminer leur avenir. L’objectif, primordial pour moi, est d’avoir une stratégie au plus près des unités de recherche, avec une gestion transparente et des enjeux partagés.

Ces composantes seront mieux armées pour mobiliser des moyens, en fonction du niveau d’exigence qu’elles se seront imposées et à la dimension de leur ambition, non seulement dans le cadre des dispositifs et appels à projet de l’université de Bordeaux mais également auprès d’autres financeurs. Nous devrons pour cela les appuyer dans une démarche pro-active en matière d’émergence et d’amorçage.

Comment vont s’articuler ces CIR dans l’établissement et sur le campus bordelais ? 


Les CIR vont être un élément essentiel dans l’animation scientifique de l’établissement. Elles vont s’appuyer sur les unités de recherche qui les composent. Pour cela, une unité de recherche sera rattachée principalement à une CIR avec possibilité de rattachement secondaire. Ce niveau de structuration va permettre une plus grande proximité scientifique avec les organismes partenaires en cotutelle de nos unités de recherche, par exemple, en lien plus étroits avec les Instituts CNRS ou Inserm, les départements de l’Inra. Cette co-construction sera d’autant plus étroite que nos CIR seront ouvertes à des unités de recherche du site hors tutelle de l’université de Bordeaux.

Les CIR vont être des lieux de concertation et de coordination. Elles auront la responsabilité de faire émerger et porter les grands projets de demain, en particulier la suite des LabEx, projets qui pourront donc être intraou inter-CIR. L’interdisciplinarité qui apparait déjà de manière naturelle dans les axes thématiques de certaines CIR, pourra également être portée au sein de ces projets transverses. Les CIR devront aussi s’investir dans l’articulationavec la formation, être des lieux de débat avec les collèges et les unités de formation.
Je souhaite également que les composantes internes de recherche mettent en place des conseils scientifiques, composés d’experts nationaux mais surtout internationaux, pouvant être consultés pour conseiller la gouvernance de ces CIR dans leur stratégie recherche et ainsi consolider les projets structurants qu’elles vont porter.
La fin des mandats des départements de recherche, avec lesquels l’équipe présidentielle maintenait des liens très étroits, va nécessiter de repenser le dialogue entre ces structures et notre niveau. Il y aura donc création d’un comité des directeurs des CIR (cette dénomination peut évoluer) que je tiens à réunir sur une base mensuelle de manière à maintenir la meilleure cohésion possible. J’ai déjà affirmé que j’avais la vision d’une vice présidence recherche proche des unités de recherche et des composantes.

Quelles sont les grandes étapes de ce chantier de structuration de la recherche ?


Un courrier a été envoyé à tous les directeurs d’unité avec une note de cadrage le 30 mars dernier. Nous sommes actuellement dans une phase de concertation pour déterminer les périmètres et statuts des CIR avec les acteurs concernés. Pour ce projet global, nous nous appuyons sur une équipe projet rassemblant toutes les compétences nécessaires à ce vaste chantier (pôles RIPI , PAS , RHDS , CVI , FA , PILPSE...). Nous travaillons également avec les équipes des départements pour capitaliser sur leur expérience du pilotage des départements et leur connaissance du terrain.

Ce projet fait l’objet de présentations dans différentes instances (commission recherche, conseil académique, conseils de département, comité technique, réunion des cadres...). Nous avons par ailleurs souhaité mettre en place un dialogue social, pour accompagner les personnels impactés dans le changement, avec notamment un suivi personnalisé ainsi qu’un passage en commission de dialogue social tous les mois jusqu’à l’installation de la nouvelle structuration.

Les préfigurateurs des composantes internes de recherche devront être nommés cet été, pour accompagner la phase transitoire entre la fin des départements et l’installation des CIR et contribuer aux grands exercices de dialogue de gestion pour préparer l’année 2019 (plan de gestion des emplois, construction du budget...).
Puis les conseils de ces différentes composantes internes de recherche seront mis en place en mars prochain pour une mise en oeuvre progressive au printemps 2019.