La nouvelle unité mixte de service "école de physique des Houches" inaugurée

La nouvelle UMS Ecole de physique des Houches a été inaugurée le 19 juillet 2017

La nouvelle UMS Ecole de physique des Houches a été inaugurée le 19 juillet 2017.

L’École de physique des Houches, "pépinière d’altitude" pour prix Nobel, s’ouvre à de nouveaux partenaires pour créer une unité mixte de service : le CEA, Grenoble INP et l’École normale supérieure de Lyon rejoignent l’Université Grenoble Alpes et le CNRS. Son bâtiment principal, entièrement rénové, a été inauguré à cette occasion le 19 juillet 2017 et rebaptisé Cécile DeWitt-Morette, du nom de sa fondatrice.

Les chalets de l’école de physique des Houches accueillent les grands maîtres de la physique et les jeunes physiciens les plus prometteurs dans le cadre grandiose du massif du Mont-Blanc. L’école de physique des Houches est créée en 1951 par l’Université scientifique de Grenoble, gr’ce à Cécile DeWitt-Morette , une physicienne française visionnaire qui souhaite redynamiser la recherche en physique et accélérer les échanges internationaux dans l’Europe d’après-guerre. "Cécile Dewitt-Morette a eu la vision de génie de faire enseigner la physique moderne par de grands noms et d’inventer le concept de réunir sur un même site enseignants et un nombre limité d’étudiants pour qu’ils puissent interagir en permanence", souligne Christophe Salomon, l’actuel directeur de l’école de physique des Houches. Pendant l’école d’été, jeunes chercheurs et chercheurs de renommée internationale se côtoient pour parler mécanique quantique "20 heures sur 24", partageant les mêmes tablées.

Cinq tutelles pour "protéger la science"

à l’origine très rustiques et proches du gîte d’étape, les b?timents se modernisent peu à peu. L’Université Grenoble Alpes (UGA) et le CNRS, associé depuis 1998 à l’école de physique des Houches, décident de renforcer son rayonnement scientifique national et international en créant une unité mixte de service (UMS) "école de Physique des Houches" en janvier 2017. Mercredi 19 juillet 2017, l’UGA, le CNRS et leurs nouveaux partenaires, le CEA, Grenoble INP et l’ENS Lyon ont signé la convention. "Cécile DeWitt-Morette laisse ce devoir aux tutelles : la motivation et la science d’abord, l’intendance suivra ", a affirmé Jean-François Pinton, président de l’ENS Lyon. "C’est notre rôle de protéger la science avec une administration adaptée", a renchéri Alain Schuhl, directeur de l’Institut de physique du CNRS.
Après la signature, le b?timent principal de l’école, entièrement rénové, a été officiellement rebaptisé en hommage à Cécile DeWitt-Morette. "On voit à quel point la personnalité de Cécile DeWitt-Morette a laissé son empreinte ici", a constaté Lise Dumasy, la présidente de l’UGA, devant la famille de la fondatrice de l’école, réunie pour la cérémonie. "Cela me fait plaisir de souligner que nombre de nos b?timents inaugurés récemment portent le nom de femmes."

Le b?timent principal de l’école a été réhabilité pour optimiser les espaces d’accueil et de travail en respectant les normes d’accessibilité, de sécurité et de confort thermique. Les travaux de restructuration, sous la maîtrise d’ouvrage de l’UGA, ont commencé en août 2016 et été livrés le 20 mars 2017. "Les architectes ont trouvé une solution élégante qui préserve l’‘me de ce b’timent historique tout en le modernisant ", a déclaré la présidente de l’UGA. Pendant cette journée d’inauguration, plusieurs élèves et enseignants de la première heure de l’école de physique des Houches ont témoigné des conditions spartiates dans lesquelles ils suivaient leurs cours, mais aussi et surtout, de la formidable émulation qui résultait de leurs échanges.

L’Ecole de physique des Houches, hier et aujourd’hui

Historiquement, le premier cours est donné en 1951 par Léon van Hove et il est consacré à la mécanique quantique. L’école attire très rapidement les plus grands noms de la physique, comme Enrico Fermi, Wolfgang Pauli, Murray Gell-Mann ou John Bardeen, pour n’en citer que quelques-uns. Cécile DeWitt-Morette promeut aussi des jeunes inconnus : en 1951, Walter Kohn (prix Nobel de Chimie 1998) donne, à 28 ans, un cours de physique du solide. Philippe Nozières se voit confier l’organisation d’une session sur le problème à N corps en 1958 oeil a 26 ans. Parmi les étudiants, on compte, par exemple, Pierre-Gilles de Gennes, Georges Charpak, Claude Cohen-Tannoudji, ou Serge Haroche, futurs lauréats du prix Nobel de physique, ou un peu plus tard les mathématiciens Ed Witten et Alain Connes (médaille Fields). Tous auront l’occasion de témoigner de leur grande reconnaissance envers l’école. Au fil des années, l’école a évolué, tout en gardant certaines traditions et sans cesser d’attirer les plus grands noms.

Temps forts de l’année, les deux "écoles d’été" (formations approfondies d’un mois sur des thèmes novateurs, en juillet et en août) constituent une sorte d’"école de quatrième cycle", la "marque de fabrique" des Houches. Dans le cadre du "Centre de Physique", différentes formations et conférences, plus courtes et plus spécialisées, sont organisées tout au long de l’année. Certaines sont destinées à tous les chercheurs (débutants comme confirmés), d’autres sont avant tout conçues pour les étudiants en thèse (formations doctorales). Au-delà des aspects de formation, ces rencontres permettent aussi de faire naître des collaborations scientifiques. De vrais réseaux de relations professionnelles et amicales se tissent bien souvent à l’école de physique des Houches. L’école a suivi les évolutions de la science. Elle s’est ouverte à des domaines périphériques, comme les mathématiques, les sciences de la terre, la chimie ou la biologie. Les interactions entre ces disciplines sont fréquemment au coeur des problématiques abordées aujourd’hui aux Houches.
L’école de physique des Houches ’uvre aussi à la diffusion de la culture scientifique. Dans le cadre de l’école d’été, jeudi 3 août 2017 à 21 heures, à l’espace animation des Houches, une conférence grand public sur " le changement climatique vu des nuages " est proposée par Caroline Muller, chargée de recherche CNRS et maître de conférences attachée à l’ENS Paris au Laboratoire de Météorologie Dynamique.


 
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