Une collaboration franco-indonésienne en archéologie

Une collaboration entre le laboratoire bordelais Pacea et le centre national de recherche en archéologie indonésien a été entérinée en janvier à Bordeaux par la signature d’un memorandum. Le but : mieux comprendre l’histoire de l’homme dans les sociétés préhistoriques, notamment par l’étude de parures dans les sociétés traditionnelles actuelles.


« Open more the secret of Indonesia ». C’est le souhait évoqué par Hotmangaradja Panjdaita, ambassadeur de cet archipel de plus de 13 000 îles du sud-est asiatique, lors de la signature du memorandum pour la coopération scientifique en archéologie entre le Centre national de recherche en archéologie indonésien et le laboratoire Pacea (de la Préhistoire à l’actuel : culture, environnement et anthropologie ; unité CNRS, ministère de la Culture et université de Bordeaux). La cérémonie officielle s’est déroulée le 22 janvier dernier sur le campus de l’université.

Au delà de permettre la découverte des secrets de l’Indonésie, cette coopération a pour but de mieux appréhender l’histoire de l’homme dans le cadre d’un projet appelé PAPUA : archéologie et ethnoarchéologie dans les Monts Bintang. Marian Vanhaeren, chercheuse CNRS à Pacea est co-directrice de ce projet, soutenu par le labex Lascarbx , avec Wulf Schiefenhövel, professeur d’anthropologie (Max Planck Institut für Ornithologie, Allemagne) et I Made Geria, directeur du Centre national de recherche en archéologie indonésien.

14 fonctions sociétales pour les parures


Depuis plusieurs années, Marian Vanhaeren s’intéresse aux parures - les bijoux donc - des hommes préhistoriques. Elle explique que ces parures apportent beaucoup d’informations sur les sociétés passées et qu’on peut leur attribuer pas moins de 14 fonctions sociétales dont la marque d’appartenance à un groupe, d’un statut social. Elles peuvent également être monnaies d’échange, objets de rituels... et évidemment être l’expression d’un certain esthétisme. Mais pour valider ces hypothèses, la chercheuse souhaitait pouvoir étudier ces parures préhistoriques au regard des parures de sociétés traditionnelles actuelles.

Elle a tout d’abord pensé mener ces recherches ethnoarchéologiques avec les sociétés d’Indiens d’Amérique avant de s’intéresser aux sociétés indonésiennes, pour lesquelles il y a avait une plus riche documentation ethnographique. C’est à ce moment-là qu’elle a pu rencontrer dès 2011 Wulf Schiefenhövel, qui travaille dans ce pays depuis de nombreuses années, et que le projet PAPUA est né avec trois objectifs. Tout d’abord, faire des fouilles dans les Monts Bintang dans la province de Papouasie en Indonésie pour trouver de nouveaux sites archéologiques qui permettraient de déterminer quand cette province a été peuplée. Ensuite les chercheurs souhaitent mener des recherches en ethnoarchéologie utiles pour l’interprétation archéologique, en particulier à partir des pratiques traditionnelles, existant encore aujourd’hui, liées à la parure, aux systèmes d’échange et à la taille de la pierre. Et enfin, PAPUA doit permettre de mettre en avant le patrimoine de ces régions, via la médiation auprès du grand public, en France et en Indonésie.

Si des recherches ont déjà commencé dans le cadre de thèses ou de stages de master sur des aspects environnementaux et ethnographiques, si différentes délégations indonésiennes et françaises ont eu l’occasion de se rencontrer et travailler dans les deux pays, la signature de ce memorandum entérine aujourd’hui la possibilité, de façon juridique et officielle, de faire des fouilles en collaboration sur le territoire indonésien.

La cérémonie de signature du memorandum pour la coopération scientifique



Ce matin, signature du Memorandum pour la coopération scientifique en #archeologie entre le Centre National de Recherche en Archéologie indonésien et le laboratoire PACEA ( @CNRS -université de Bordeaux) @KBRI_Paris @LaScArBx @UBMontaigne @INEE_CNRS @Kemdikbud_RI @maxplanckpress pic.twitter.com/t28GZt61C8
— Université Bordeaux (@univbordeaux)

La cérémonie de signature du memorandum pour la coopération scientifique entre le Centre national de recherche en archéologie indonésien et le laboratoire Pacea s’est déroulée le lundi 22 janvier à l’université de Bordeaux en présence de :

- Son Excellence l’Ambassadeur d’Indonésie en France : Letnan Jenderal TNI (Purn.) Hotmangaradja M.P. Pandjaitan
- Drs I Made GERIA, directeur du National Research Center for Archeology
- Dr. Surya Rosa Putra, Attaché pour l’éducation et la culture à l’Ambassade d’Indonésie Paris
- Manuel Tunon de Lara, président de l’université de Bordeaux
- Nicolas Teyssandier, chargé de mission à l’Institut écologie et environnement du CNRS
- Amel Feredj, Chargée de coopération internationale Asie du Sud-Est et Chine du CNRS
- Anne Delagnes, directrice du laboratoire PACEA, co-directrice du labex Lascarbx
- Marian Vanhaeren, chercheuse PACEA, co-directrice du projet PAPUA

C’est le deuxième memorandum de l’université de Bordeaux, avec celui signé avec l’université de Novosibirsk , également dans le cadre de recherches en archéologie préhistorique.