Fouille à grande échelle à Bussy-Saint-Georges

Vue de la cave antique (F2158) après la fouille, Bussy-Saint-Georges. © A Meesch
Vue de la cave antique (F2158) après la fouille, Bussy-Saint-Georges. © A Meeschaert, Inrap
Dans le cadre de la création de la ZAC de la Rucherie sur le territoire de la commune de Bussy-Saint-Georges, l’Inrap a fouillé trois zones sur un total de 10 hectares et mis au jour de rares occupations datées du Mésolithique (9000 av. J.C.), un habitat de l’âge du Fer (500-400 av. J.-C.) et plusieurs occupations rurales du Haut-Empire (Ier-IIIe siècle ap. J.C.).

Des traces de haltes de chasse mésolithiques

La fouille sur la ZAC de la Rucherie a permis de découvrir deux aires d’occupations mésolithiques qui se caractérisent par une forte concentration de déchets de taille et d’outils en silex, dont des armatures de flèche, caractéristiques d’un mésolithique ancien. Ce sont ainsi environ 2000 pièces qui ont été découvertes, en majorité sur un des deux locus dont les niveaux ont été piégés dans une cuvette naturelle. 50 m2 ont été fouillés à la main et une étude rapide des restes lithiques a permis de déterminer une grande variété dans les provenances des matériaux utilisés, ainsi qu’une grande qualité de la matière première.
En île-de-France, il est rare de découvrir en contexte de plateau des sites datés de cette période qui nécessitent en conséquence une fouille particulièrement minutieuse. Des analyses plus poussées par thermoluminescence, sur les silex brûlés, permettront d’établir des datations plus précises de ces occupations.

Une aire d’habitat et d’activités artisanales protohistoriques

Au Sud de la zone centrale (zone 2), une petite concentration de structures ponctuelles telles des fosses, silos et trous de poteaux épars, laisse entrevoir les restes d’une occupation datée, pour le moment, de la transition entre le Hallstatt final (540-450 av. J.-C.) et La Tène ancienne (400-300 av. J.-C.). Il s’agirait d’un habitat dispersé, dans lequel ont été trouvés beaucoup de restes céramiques bien conservés avec quelques pièces archéologiquement complètes de vases de stockage. Les premières observations effectuées durant la fouille et celles faites sur les outils macrolithiques, ainsi que la découverte de battitures dans les prélèvements effectués laissent envisager la présence d’activités artisanales en plus d’activité agricoles et quotidiennes. Ont été également mis au jour des outils de mouture, dont des meules va et vient, ainsi que des fusaïoles en céramiques.

La trame d’une occupation rurale antique

Sur l’ensemble des trois zones fouillées, l’équipe a constaté la présence d’un parcellaire antique dont la fouille a permis de commencer à étudier l’organisation et l’évolution au fil du temps, dans l’attente de l’étude plus poussée du matériel découvert dans les fossés.

à l’heure actuelle, il est possible de discerner trois grandes étapes d’occupation. Une première est centrée autour d’un vaste enclos, regroupant un bâtiment maçonné accolé à une cave et de petits bâtiments sur poteaux, dont il ne reste que quelques traces éparses. Cet enclos est assez imposant de par sa superficie et les fossés qui le ceinturent : certains allant jusqu’à 4m de large.

Dans un second temps, cet enclos est remanié avec l’aménagement de nouveaux fossés et d’une nouvelle entrée. Enfin, un vaste réseau de petits fossés parcellaires vient recouper l’enclos initial et se déploie sur l’ensemble des zones étudiées. Dans la zone la plus au Nord, on note même l’apparition d’un chemin sur lequel se raccorde directement les fossés parcellaires. L’habitat durant cette période ne se concentre plus uniquement dans un enclos imposant mais semble se disperser sur plusieurs parcelles. Deux grosses concentrations de bâtiments sur poteaux ont été retrouvées (zone 1 et 2), accompagnées de bâtiments isolés dans d’autres parcelles et deux bâtiments maçonnés dans la zone la plus au Sud (zone 3). Les bâtiments présents sur les trois zones sont accompagnés de puits maçonnés. Le matériel découvert permet de confirmer les activités agricoles de ces occupations avec de nombreux restes d’outils de mouture, meules rotatives, mortiers et pilons, ainsi que des vestiges de structures de stockage comme des celliers et silos.

Le long du chemin, dans les fossés bordiers, des incinérations ont été découvertes et une structure funéraire a été mise au jour (zone 3), complétant les informations sur l’organisation spatiale de cette occupation antique et nous donnant un aperçu des pratiques funéraires pour cette période.

Le site de Bussy-Saint-Georges a donné une bonne occasion d’effectuer l’étude de plusieurs types d’occupations sur une grande échelle de temps et au sein d’un vaste espace. Il nous offre une occasion unique de comprendre la structuration du paysage, notamment à la période antique. L’occupation mésolithique fait du site de la Rucherie un site de référence pour la période, étant donné la rareté des occupations découvertes en contexte de plateau pour la région île-de-France.

Aménagement : EpaMarne

Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac île-de-France)
Recherche archéologique : Inrap

Responsable scientifique : Marion Perrault, Inrap