Le 22 janvier dernier, le jury de sélection, composé d’étudiants et d’étudiantes, de membres du corps professoral de l’École et du personnel de la Bibliothèque Diderot de Lyon, a désigné les cinq finalistes, parmi une présélection de onze ouvrages. Le gagnant de l’édition 2026 du Prix Terre bleue de l’ENS de Lyon, qui succédera au lauréat Mathieu Larnaudie, sera désigné par un jury composé exclusivement d’étudiants et d’étudiantes, actuels et anciens, de l’ENS de Lyon. Cette année, ce jury est composé de douze étudiants et d’étudiantes, issus de formations diverses :
- Adrien Barrier (Lettres modernes / Humanités numériques)
- Camille Daligault (Doctorante, Biologie)
- Guillaume Houdant (Lettres modernes / Philosophie)
- Bastien Langard (Lettres Modernes)
- Morgane Legrand (Lettres modernes)
- Camille Mas (Doctorante, Lettres modernes)
- Maë Puech (Lettres modernes / Géographie)
- Faustine Tavernier (Histoire)
- Elise Teinturier (Lettres modernes / Humanités numériques)
- Rémi Vaujour (Doctorant, Physique)
- Déborah Verdier (Lettres classiques)
- Chloé Verneau (Lettres modernes)
Les critères pour évaluer chaque ouvrage sont variés. La qualité de l’intrigue, des personnages, du style, la correction de la langue, la cohérence narrative, le traitement du thème de l’écologie ainsi que la portée engagée, puis l’originalité de l’ensemble constituent les critères essentiels, qui permettent aux membres du jury d’apprécier ces oeuvres et de les défendre ou non en vue des débats qui précéderont la délibération finale en mars prochain.
- La folie Océan de Vincent Message Biologiste marine, Maya entretient une liaison avec Quentin, plongeur pour la réserve des Sept-Îles. Il milite contre les chalutiers industriels qui accaparent les ressources marines. Maya se demande s’il ne serait pas temps de choisir entre les deux hommes qu’elle aime, surtout si elle veut un enfant. Vincent Message explore avec un sens aigu du romanesque les conflits que fait naître la crise écologique.
- L’Invention de la mer de Laure Limongi Une chimère poulpe rassemble deux manuscrits écrits par des chimères cétacé et crustacé et les commente en donnant des clés scientifiques, poétiques, historiques. Se livrent ainsi, comme des contes et légendes, les histoires de Gina de Galène, chimère cachalot qui raconte les souffrances de sa lignée et la légende de son aïeule, et de Ménippe Zahlé, chimère crabe qui, après un séjour en prison, fait de la lutte en récitant des vers. Entre roman, conte, essai et poésie, ce texte lui-même hybride résonne comme un mythe futuriste avec les enjeux sociétaux actuels.
- Grindadráp de Caryl Férey Au milieu des cadavres d’une chasse rituelle à la baleine flotte le corps du vieux chef du Grindadráp, couvert d’étranges plaies. Les rumeurs les plus folles se propagent. Et que font sur l’île ces deux militants écologistes de Sea Shepherd, l’ennemi juré - Se sont-ils vraiment échoués, jetés là par la tempête - C’est une course contre la montre qui s’engage pour Soren Barentsen, capitaine de police, s’il veut éviter que la violence des éléments ne contamine les hommes.
Un huis clos magistral au coeur de la nature déchaînée et des paysages magnifiques des îles Féroé. - Le Parlement de l’eau de Wendy Delorme Sauver un cours d’Eau, aussi ténu soit-il, c’est un début pour sauver tout ce qui peut encore l’être.
Une romancière, qui croit au pouvoir de la littérature pour changer le réel, convoque en pensée des entités aquatiques. Celles-ci inventent une histoire sur la nécessité vitale de sauver le cycle de l’eau, faire barrage à la montée du fascisme, retisser les liens entre l’espèce humaine et le vivant.
Depuis le bassin versant du Rhône sur lequel elle enquête, Wendy Delorme nous propose un roman inspirant, où l’utopie l’emporte sur la dystopie. - Les Mains vides d’Elio Possoz Le climat s’est déréglé, le pétrole est un souvenir et pourtant, parfois, quand un membre d’un village anarchiste subit une séparation amoureuse, il lui faut bien chercher un autre endroit où passer l’été caniculaire. Alors que les utopies s’enclosent souvent dans des îles (des planètes, des tours, des souterrains), les sociétés sont ici pleines de trous, composent avec le voisin, bricolent et font avec. Hommage à Ursula Le Guin, cette eutopie se fait fiction-sacoche, journal de voyage qui tente de se saisir de la crise climatique pour en exprimer un possible désirable, dans une échappée à la fois politique et intime.


