Archéologie dans la cathédrale de Nantes

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Fouille manuelle dans une tranchée réalisée pour l’installation des réseau
Fouille manuelle dans une tranchée réalisée pour l’installation des réseaux électriques. © Emmanuelle Collado, Inrap
Depuis 2023, les archéologues de l’Inrap sont intervenus à plusieurs reprises dans la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes dans le cadre du projet de restauration du tombeau du duc de Bretagne François II et de la duchesse Marguerite de Foix et plus largement dans le cadre du programme de restaurations de la cathédrale, faisant suite à l’incendie survenu le 18 juillet 2020. À l’occasion de la réouverture de la cathédrale de Nantes lors des Journées européennes du Patrimoine (20 et 21 septembre), les archéologues de l’Inrap présenteront les découvertes effectuées dans le cadre de leurs interventions.

Deux opérations de fouilles, prescrites et financées par l’état (Drac des Pays de la Loire / Conservation régionale des Monuments historiques), ont été menées : la première aux abords du tombeau dans le bras sud du transept ; la seconde dans une tranchée réalisée à travers la cathédrale pour installer un nouveau réseau électrique.

Les recherches ont livré d’abondants vestiges (maçonneries, sépultures, mobilier, éléments architecturaux) et ont révélé le plan général de la cathédrale romane jusqu’ici inconnu. Les archéologues participent également à l’étude archéologique du tombeau lui-même, démonté intégralement en vue de sa restauration, donnant une lecture inédite de cet exceptionnel objet de la Renaissance.

L’étude archéologique du ’ Joyau de la cathédrale ’

En vue de sa restauration, la Drac a fait procéder au démontage intégral du tombeau de François II et Marguerite de Foix - parents d’Anne, duchesse de Bretagne et reine de France - joyau de la cathédrale et de la Renaissance française. étroitement associés à cette opération, les archéologues de l’Inrap ont fait de nombreuses observations et découvertes sur les étapes de construction du tombeau et son évolution.


Différents ossements ont été mis au jour lors de cette ouverture au printemps 2023 : enfermés dans un coffre en bois, ils semblent provenir de trois individus, qui n’ont pas été identifiés à ce jour. Des analyses, notamment génétiques, sont toujours en cours. Au-delà de l’identification des défunts, cette opération est une opportunité exceptionnelle d’étudier de manière approfondie le tombeau. C’est pourquoi les observations archéologiques se poursuivront durant tout le processus de la restauration. Déjà, les découvertes apportent de précieux renseignements sur l’histoire matérielle du tombeau, son démontage à la Révolution et son remontage dans la cathédrale en 1817.

Scanner la cathédrale : la prospection géophysique

La cellule géophysique de l’Inrap a réalisé une prospection au géoradar, méthode d’exploration innovante qui permet de révéler la présence de vestiges enfouis. Cette technique consiste à émettre, via une antenne, une impulsion électromagnétique brève et de haute fréquence, qui se propage en profondeur et se réfléchit partiellement sur les interfaces rencontrées. On enregistre alors l’ensemble des impulsions réfléchies (ou échos), qui reviennent durant un intervalle de temps donné. L’image générée permet d’apercevoir les lieux de résistance (des murs enfouis par exemple) et d’orienter le travail des archéologues.
Cette méthode vient compléter la fouille manuelle seule capable de préciser les structures archéologiques et de les interpréter.

Le plan de la cathédrale romane dévoilé grâce aux fouilles

Jusqu’à présent, seule la crypte, toujours visible, et le choeur représenté sur d’anciennes gravures et photographies étaient attribuables avec certitude à la période romane. Grâce aux fouilles un ensemble de maçonneries romanes ont été mises au jour. Les données archéologiques ont aussi permis de localiser l’emplacement du portail occidental roman, d’en dessiner avec précision le plan complet et de percevoir l’ampleur d’une cathédrale qui n’a jamais été achevée. Ainsi, les recherches archéologiques éclairent nos connaissances sur l’histoire de la cathédrale.

Mobilier archéologique, enduits peints et sépultures

Les fouilles, menées au sein de la cathédrale dans le transept sud et dans la tranchée creusée pour le réseau électrique, ont livré un mobilier archéologique très varié : éléments architecturaux, céramiques, objets en métal ou en pierre, monnaies, sol en tomettes, décors peints sur les murs, etc. Ces vestiges seront étudiés par différents spécialistes. Les archéologues ont aussi mis au jour quatre sépultures isolées et trois caveaux funéraires qui abritent de nombreux ossements.


Couplée à une étude documentaire, une étude anthropologique essayera de préciser le statut des défunts (laïcs ou ecclésiastiques, illustres ou chanoines) et d’évaluer l’état sanitaire de la population enterrée, mais aussi de cerner l’organisation spatiale de cet espace et les pratiques funéraires. Des recherches archivistiques compléteront cette phase d’étude afin de proposer une histoire de la cathédrale romane et de son évolution architecturale.

Les Journées européennes du Patrimoine les 20 et 21 septembre

à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, les archéologues de l’Inrap se mobiliseront auprès des services de l’état, des restaurateurs et de l’entreprise Lefèvre pour présenter leur travail et les principales découvertes au grand public, sous forme d’exposés et d’animations.
  • Infos pratiques :

    Samedi 20 et dimanche 21 septembre, de 10h à 18h
    Sous le barnum, place Saint-Pierre - Accès ?

    Tout public, gratuit.

Aménagement : Drac Pays de la Loire
Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac Pays de la Loire)

Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Caroline Chauveau et Aude Valérien, Inrap

Directeur adjoint scientifique et technique : Denis Fillon, Inrap

    Sardaigne, la mystérieuse civilisation des nuraghes, une enquête archéologique de l’âge du Bronze