Capucine Vanderbrouck, lauréate du 1 % artistique du bâtiment M8

En septembre 2021, après plus de deux ans de travaux, l’ENS de Lyon recevait les clefs du bâtiment M8 . Ce nouvel espace de 3 200 m2 accueille désormais les équipes du laboratoire de géologie de Lyon - Terre, planètes, environnement ( LGL-TPE ) et du laboratoire de reproduction et de développement des plantes ( RDP ). Sa construction s’inscrivait dans le cadre de l’opération Lyon Cité Campus et répondait à l’obligation légale de décoration des constructions publiques, connue sous le nom de 1 % artistique.

Ce mécanisme, qui consacre 1 % du budget de construction d’un bâtiment public à une oeuvre d’art, a pour vocation de démocratiser l’art et de créer un dialogue entre création artistique et espace de vie collective. C’est dans ce contexte qu’un appel à candidatures pour le 1 % artistique du bâtiment M8 a été lancé au printemps 2023.

Le projet lauréat : « Éclosion du visible »

Sur les 48 candidatures reçues, trois projets ont été présélectionnés avant que le comité artistique ne désigne, en mai 2025, la lauréate : Capucine Vanderbrouck.

Son projet, intitulé « Éclosion du visible », interroge la perception, la lumière et la matière, en résonance avec les activités scientifiques menées au sein du RDP et du LGL-TPE. Le titre évoque une révélation progressive, une émergence de formes ou de sens, invitant le public à une expérience à la fois sensible et réflexive.

Capucine Vanderbrouck part d’un constat fort : l’art et la science partagent une même ambition - révéler ce qui échappe à l’oeil nu pour mieux saisir les dynamiques profondes du monde. En mettant l’accent sur l’invisible, l’artiste interroge la frontière entre ce qui se voit et ce qui se devine, là où le visible éclot.

Une oeuvre en dyptique

L’oeuvre se déploiera sous la forme d’un dyptique :

  • Sur le parvis extérieur , à l’entrée du bâtiment, une installation composée de clous podotactiles formera un haïku en braille, accessible à toutes et tous. Ce poème, dont voici la traduction : « 6 361 kilomètres d’invisibles entre nos pieds et le noyau interne », évoque la distance qui nous sépare encore du centre de la Terre - un invisible que la science s’attache à explorer. Le haïku, forme poétique japonaise brève et structurée, a été choisi pour sa capacité à capturer l’essence d’un instant, en lien avec la nature.
  • Sur l’angle vitré du bâtiment , visible depuis la rue, une vitrophanie viendra compléter l’installation. Conçue en collaboration avec les usagers et usagères du bâtiment, elle rassemblera des éléments et molécules sélectionnés avec les scientifiques du M8, ainsi que des haïkus écrits lors d’un atelier d’écriture animé avec Elsa Escafre, plasticienne et poétesse. La composition graphique sera ensuite élaborée avec le graphiste Ramel Luzoir.

Les différentes étapes

En novembre 2025, un atelier d’écriture a réuni les usagers et usagères du bâtiment M8 pour imaginer les éléments de la future vitrophanie. Félicitations aux chercheuses et chercheurs des laboratoires de reproduction des plantes et de géologie, qui se sont prêtés à l’exercice de la création artistique. Partant de descriptions scientifiques d’éléments à la frontière du minéral et du vivant, ils ont, accompagnés par la poétesse et plasticienne Elsa Escaffre, transformé leurs observations en haïkus poétiques.

L’installation des oeuvres devrait avoir lieu en février-mars 2026, suivie de la création d’outils de médiation (livrets, panneaux et vidéo tournée à l’aide d’un drone).

L’inauguration officielle du bâtiment et de l’oeuvre est quant à elle prévue pour septembre 2026.

Capucine Vandebrouck

Capucine Vandebrouck est une artiste plasticienne née à Tourcoing. À travers la sculpture et la photographie alternative, elle interroge le vivant, l’éphémère et l’inframince.

Exposant depuis quinze ans en France et à l’international, ses créations intègrent les collections d’institutions prestigieuses, comme le Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, le FRAC Alsace ou encore le CNAM. Elle collabore aujourd’hui avec trois galeries, à Paris, Berlin et Gand.

Présentation de l’artiste sur le site du FRAC Alsace