La peinture a tempera sondée à l’échelle moléculaire

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Contrairement à la peinture à l'huile qui l'a supplantée à partir du xv e siècle, la peinture a tempera (ou à la détrempe) pratiquée sur panneaux de bois, parois murales ou toiles a été peu étudiée sur le plan physico-chimique. Cette technique picturale en vigueur depuis l'Antiquité est caractérisée par des pigments dispersés dans un mélange d'eau et de liant, le plus souvent du jaune d'oeuf. Pour comprendre à l'échelle moléculaire, les interactions qui gouvernent les propriétés macroscopiques, une équipe du Laboratoire d'archéologie moléculaire et structurale (CNRS/Sorbonne Université), ainsi que des laboratoires Physicochimie des électrolytes et nanosystèmes interfaciaux (CNRS/Sorbonne Université) et Sciences et ingénierie de la matière molle (CNRS/ESPCI/Sorbonne Université) a reproduit des recettes du xv e siècle. Ces dernières, décrites par le peintre toscan Cennino Cennini, sont à base de jaune d'oeuf et d'un pigment argileux appelé terre verte. Ce mélange a été utilisé à grande échelle dans les oeuvres du Moyen-âge, en sous-couche de dorures ou de zones de couleur chair. En mesurant les propriétés d'écoulement et en caractérisant l'organisation moléculaire, l'équipe a montré que c'est la formation d'un réseau entre les protéines du jaune d'oeuf, les molécules d'eau et les particules argileuses du pigment qui rend le mélange plus viscoélastique. Grâce à cette synergie entre le jaune d'oeuf et le pigment, les propriétés d'étalement et le pouvoir couvrant de la peinture sont augmentés du fait d'une meilleure cohesion interne des pigments en présence du liant.
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